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Mercredi 5 août : quick walk & religious mix

Ce qui devait arriver est arrivé : levé 14h30. Autant dire que passer au Foreigners Regional Registration Officer, où il faut se présenter dans les 14 jours suivant l’arrivée, ça ne sera pas pour aujourd’hui. En général, les horaires de travail vont de 8h30 à 15 ou 16h pour les bureaux. Cela peut être un peu plus tard, mais durant cet extra de temps, les guichets pour le public ne sont plus ouverts. En général.

Résultat d’une petite motivation : une bonne ballade autour de chez moi. J’ai en tête l’organisation du quartier. Objectif : de Main Bazar Road à Connough Place, puis à l’opposé de la place, aller vers India Gate, où on trouve l’arche de triomphe.

2 heures suffisent pour rencontrer beaucoup de personnes. Les mendiants et “marchands” en tout genre dans Main Bazar… Le petit groupe de gamins qui voulait mon crayon (?)… La famille qui demande à se faire photographier… Une petite dizaine de chauffeurs de taxi en pause qui jouent aux cartes… Rarement, il est nécessaire de maîtriser un anglais parfait, tout simplement car la population n’en connaît que quelques mots, pour la plupart. En revanche, un agent s’occupant d’un parking, m’évoque dans un anglais parfait ses cours de français quand il était à l’université, il y a quelques dizaines d’années de cela, ou ces voyages aux USA.

Album photo “Little walk

La rencontre d’un individu est souvent “organisée” de la même manière. Si je vais parfois de l’avant vers quelques personnes, il reste que le plus souvent, je suis sollicité. Certains vont droit au but : ils vendent des cartes, percussions, colliers, haschich… ou font juste la manche. D’autres, plus originaux, ont une sorte de questionnaire-type. Il s’agit surtout de jeunes, en particulier dans Main Bazar Road.

  1. Hello, how are you?
  2. Where are you from?
  3. How long have you been here?
  4. You like India?… Welcome to India!
  5. So what are you doing in Delhi ?

Et puis, la discussion s’arrête en général, pour le cas des “marchands”, quand j’explique que je suis là pour étudier. Je ne fais plus trop partie de leur cible, essentiellement touristique j’imagine.

Mais, comme dit plus tôt, aucun problème avec ces sollicitations. De plus en plus à l’aise, je ne me sens pas harcelé et ne montre par conséquent pas de sentiment d’énervement. Souvent, le refus avec le sourire suffit. Et puis, parfois, je rebondis pour poser des questions à la personne.

A côté de ça, reste ce qu’on voit dans la rue. C’est incroyable, pour un européen, d’être au centre de la ville et de voir encore tant de pauvreté. Bien plus aiguë que dans nos banlieues les plus reculées. Certes, une certaine population se détache… et à ma grande surprise, les prix des produits dans les magasins de marque (Reebok, Adidas…) suivent cette tendance : environ le même tarif qu’en Europe. Mais derrière cette riche population, il reste la population de la rue, qui y passe au moins sa journée, sinon sa nuit. Il n’y a pas de poubelles à Delhi. Ou, tellement rares qu’on les remarque quand on passe devant. Les rues sont remplies de déchets en tout genre. Sur les côtés des grandes rues, ce sont des amas de détritus. Je n’ai pas encore vu de personnes chier devant mes yeux, mais l’odeur est bien présente. Là encore, les petites pauses olfactives en dehors du désormais normal pisse/merde sont très rares et fortement appréciées. Enfin, j’exagère un peu, car mis-à-part des petites rues ou en proximité de gros tas de déchets, ça reste supportable. On s’y habitue.

J’ai tenté de rentrer dans le Central Park, à Connough Place. Moi, et surtout ma caméra, n’y avons pas été acceptés. Je demande des explications à un passant, et il me répond qu’une bombe a explosé, en novembre dernier, juste en dessous, à la station de métro. Yves me l’avait prévenu : il faut faire attention, surtout dans les lieux publics.

Dans la soirée, je contacte Mesut, le Turque, pour parler de la soirée. Il est déjà 21h30, et je suis un peu crevé. J’attends le retour d’Yves par internet pour qu’il me motive aux 3 bons quarts d’heure de tuk-tuk pour aller à un endroit que je ne trouve d’ailleurs même pas sur google maps. Faute de retour, je laisse tomber, vers 23h. Depuis quelques minutes déjà, une autre personne est autour du canapé de l’accueil, lisant un livre pour “apprendre le penjabi en un mois“. Quelques échanges de regard et la discussion se lance.

Gulveen est arrivé à Delhi aujourd’hui, parti de Mumbai hier. Il est venu voir sa petite amie, pour la première fois depuis un an. L’histoire se fait un petit peu en cachette des parents : il est hindou, elle est musulmane. Le noeud du problème reste le père de la jeune fille, particulièrement conservateur. Il est en MBA, Master in Business and Administration à Mumbai, elle est en Master of Arts à Delhi. La question des relations amoureuses et de leur rapport à la religion et aux traditions est notre premier sujet d’échange. Et le début d’une longue série. J’apprends qu’il est fan de rap… et qu’il en écrit ! Discussion sur cette culture, notamment autour du style vestimentaire, avant d’aborder ma recherche de logements. Il me donne beaucoup de conseils. Nous décidons de monter sur le toit pour un petit encas et une boisson. Sujet légitime : j’ai plein de questions sur les filles indiennes et il a les réponses. Je le questionne aussi sur les sentiments qu’il éprouve face à la population plus modeste de l’Inde. Il me montre quelques tours de carte… Super moment d’échange, alors que le restaurant se met en “mode nuit” avec le personnel dormant sur des débris de journaux ou sur le comptoir. Fin de discussion, vers 4h30, à la place que j’avais découvert hier soir : vue sur Main Bazar, by night. Superbe, j’adore, surtout que depuis que nous sommes dehors, la température est vraiment tolérable. Premier réel moment de bonheur profond en Inde.

Eh oui, le contact aura aussi été possible par le fait qu’il ait étudié… Comme il me l’a dit, d’où il vient (une petite région au nord de Delhi), il fait partie de la première génération qui parle anglais. Il maîtrise cette langue parfaitement. Il y a deux jours, je me souviens avoir demandé à un conducteur de rickshaw (vélo-porteur) le nom de l’endroit où il m’avait récupéré. Réponse : “yes“. 4 fois de suite. Et puis, Gulveen montrer un ordre logique, une organisation du discours, une certaine rhétorique évidente et travaillée… et avant tout apprise.

Je suis en tout cas très content de cette première rencontre réellement indienne. Beaucoup de choses que je veux découvrir, et un interlocuteur qui est disposé à satisfaire ma soif de découverte. Bon, j’ai loupé une soirée internationale aussi agréable que pratique pour ma recherche d’appartement. Après en avoir parlé avec Gulveen, le cas de la colocation sera effectivement le meilleur choix. Il me met en garde sur les commissions exonéreuses que peuvent prendre les agences, ou sur le prix peu élevé d’un appartement… qui s’avérerait ensuite être dans un quartier peu sûr. Bref : il ne faut pas se ruer. Et puis, cet indien qui paie sa chambre 700 roupies/nuit sans avoir tenté de marchander, m’explique que ce que j’ai est relativement bon marché, et que avoir gagné 50 roupies par nuit est déjà pas mal. Comme je le pressentais hier, c’est surtout le fait de se dire “Je me fais avoir, je pourrais payer moins” qui fait qu’on se tracasse pour le prix de la nuit. Car les 450 par nuit, je les ai. Et il vaut mieux les dépenser, même pendant 2 semaines, et prendre son temps pour trouver un bon appart’, plutôt que de sauter sur une occasion qui pourrait être une mauvaise surprise.

Demain : tentative de réveil vers 10h pour aller voir ma responsable au college !

  • LL

    Heureuse pour toi tout simplement et merci pour les photos ;)

    Bisous doux !