— Hide menu

Delhi, la vie, l’amour

Salut les amis.

Petit message depuis mon canapé toujours cosy. D’ailleurs, je compte toujours prendre des photos de l’appartement et les publier sur le blog. Mais je repousse tous les jours. Un peu comme pour le coup de balais.

Je pense que je vais attendre, pour la photo, d’avoir entièrement meublé l’appart’. Car là, ça rend pas super, c’est super pas plein. Genre réfugié bosniaque fortuné. Et puis de toute façon, en ce moment, il pleut beaucoup, donc la lumière ne serait pas terrible. Eh oui, je pense à votre appréciation esthétique de ma demeure.

Intéressante semaine, car niveau cours, c’était la première complète. Pas de jours off, comme aux cours des précédentes semaines. Bon, on garde quand même quelques habitudes : il arrive qu’il y ait 2 élèves présents à un cours; ou encore que le prof arrive 10 minutes avant la fin de l’heure, voire pas du tout. Disons que sur la vingtaine d’heures hebdomadaire que j’ai, ça va arriver 2, 3 fois.

A côté, petit truc intéressant. En effet, il a plu toute la semaine. Enfin, en après-midi pour les premières journées, puis en continu pour la suite. Ou plutôt, en alterné : pluies fortes et longues, puis pause. (Mars,) et ça repart.

Bref. Étant donné le caractère non formel du planning des cours (vu le taux de présence des élèves et l’assiduité imparfaite des professeurs), je me suis demandé, jeudi matin, en entendant les trombes, si ça suffisait pour ne pas aller en cours. Petit coup de fil : Samad y va. Enfin, avec 1h30 de retard. C’est déjà pas mal. Mais, si j’ai bien compris, les élèves trouvent que la météo peut-être une raison suffisante pour ne pas aller en cours, et les profs sont en général d’accord. Le truc qu’il faut comprendre, c’est que dans notre pays hexagonal, les conditions n’influencent pas sur nos vie autant qu’ici. A Delhi, quand il fait chaud, on souffle, on s’autorise des pauses. Quand il pleut, on patiente. Pourquoi ? Parce que les routes glissent, l’eau créé un bouillon de saletés, et qu’à certains endroits on a droit à de belles inondations. Jeudi matin, aux portes du college, pour m’accueillir, un chien mort, trempant dans 10 centimètres de flottes. Surement le résultat d’un dérapage incontrôlé, quelques heures plus tôt.

Photo by RussBowling

Sinon, le rythme biologique dont je parlais l’autre jour… se stabilise un peu. Suffisamment fatigué du weekend, j’ai bien dormi dimanche soir pour passer une superbe journée le lendemain. Avec de l’énergie, la motivation vient, on règle tout ce qu’on a à faire et on va chercher plus loin encore. Mais les jours et les couchers tard se suivent : quelques fins de matinées difficiles. Et puis, selon les cours, il y a de quoi participer ou non. Ou bien, dormir, quoi.

Bref, l’Inde s’apprécie quand on est en forme.

Après-midi, retour, glande majestueuse, sieste éventuelle, tente d’étudier le Hindi, un peu de lecture, diner chez les amis de Vikrant, glande, un peu de lecture, dodo. Programme de la semaine passée. Pas très sexy, je sais. Stéphanie n’est toujours pas revenue. Et puis, je n’ai pas encore constitué un réseau social intense au point d’avoir des activités en semaine. Et puis, petit ou gros problème : tout le monde, ou presque, habite à Sud Delhi. Et c’est là-bas que ça bouge. Mais Sud Delhi = 20 minutes de rickshaw + 20 minutes de métro + 30 minutes de tuk-tuk. Si la circulation est bonne. Ce qui n’arrive jamais. Autant dire que c’est pas idéal en cas de flemingite chronique.

Mais je continue quand même de rencontrer du monde. Avec les camarades de promo, ça se passe super bien. Je passe de sacrément bons moments avec eux en cours. Quand ils ne sont pas endormis, il sont très drôles, toujours prêts à se vanner les uns, les autres ou à ajouter un nouveau petit pic sur le prof d’Indian Philo. En cours d’esthétique, ils se balancent la patate chaude pendant un quart d’heure pour savoir qui va présenter un chapitre de l’article incompréhensible de Merleau-Ponty, que visiblement personne n’a lu.

Peu à peu, j’entrevois une “présence” commune à ses Indiens. Ça se manifeste par un certain sens de l’humour, fin, léger, ultra présent. Peu d’agressivité dans leur attitude : calme, paisible. De la fatigue, éventuellement. Shanti shanti, toujours.

Et puis, pendant les pauses, méritées mais qu’on impose aux professeurs, on fait plus amples connaissances. Si en début de semaine, j’ai essayé de savoir s’ils se voyaient entre eux, à côté des cours, en vue de partager quelques moments avec eux… aujourd’hui, c’est Omar qui m’a directement invité à ce qu’on se voit en dehors du college. Un match de foot sera surement un super moyen de sociabiliser.

Et puis, tout ça arrive alors que je continue dans ma lancée : les discussions s’accumulent avec les profs ; ça prend du temps sur les cours mais les enseignants apprécient, en général. Jeudi matin, cours loupé d’Indian Philo, et Devasia, le prof, raconte aux autres élèves qu’il aime mon attitude, que je prenne des notes, que je pose des questions. Dans la semaine, il me dit même que ma présence ranime, d’après lui, un groupe un peu endormi, et qu’il a vu plus de réactivité chez certains élèves, depuis que je suis là. C’était pas mon intention… mais c’est cool ! Les élèves prennent parfois, rarement, part au débat que je tiens avec le prof. Si bien que je me demande si ça les ennui. Sachin me rassure, 5 minutes plus tard.

Bref.

Pas terrible, le blog, en semaine “creuse”. Je sais. Le temps passe, je m’installe. Et niveau cours, je vois ce que j’ai à faire, je rattrape mon retard, si c’est nécessaire. Ce que cela implique, c’est que bientôt j’aurai suffisamment de temps libre pour l’occuper avec des activités plus variées. Donc photos, explications, introspection, aventure, illumination. “Le cinéma, la vie, l’amour“, comme dirait mon pote François.

Tout ça c’est pour bientôt. En attendant, abonnez vous à ce que j’appelle modestement la “newsletter Indianasam qui tue“, c’est sur votre droite. Un nouvel article sur ce blog génialissime = un mail dans votre boite au lettre au petit matin, à savourer avec les Chocos et le jus de mangue Maaza.

Je crois que je vais essayer le Masala Dosa ce soir, plat emblématique de l’Inde du Sud. Miam.

Photo by LexnGer

Photo by Kaustav Bhattacharya

  • LL

    Namasté mon Sammy !

    C’était un mail sur le quotidien que tu vis légèrement empreint du début d’amour et de l’admiration que tu voues quelques peu à l’Inde. Quoi de plus beau ?

    Quel élève assidu en tout cas, les notes le confirmeront j’espère^^ (quel système de note d’ailleurs ?) !

    Prends soin de toi !

    Bisous doux !!