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Eid & red beef

Saaaaalut les copains !!!!

Un petit mot en passant : on est mercredi 23 septembre, 20h23, je suis posé sur le canapé dans un appartement totalement sombre : deuxième coupure d’électricité de la journée. Stéphanie au téléphone me partage son enthousiasme de voir, à l’entrée de notre cour, les électriciens perchés et s’amusant à couper au hasard le câble qui semble le plus coupable. Mais pendant ce temps, le ventilateur n’a plus aucun effet répulsif à l’égard des moustiques qui font un remake de “L’Empire contre-attaque” et donnent à mes panard l’allure de Bibendum Michelin.

Pas grand chose ces derniers jours, mais quelques petits trucs marrants.

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Samedi 19 septembre

Samar, mon camarade de classe, me convie à une petite sortie Zoo. Chouette.

Le temps de me lever, de manger mes Chocos, de me motiver, je joue à l’aventurier. Je fais mon malin et me perds dans le quartier résidentiel bien dense que je dois traverser pour arriver à la station Pulbangash, qui s’avère être en fait bien plus proche que celle de l’université. J’ai l’impression que Papi Brossard, assit sur son cageot dans le coin d’une rue, n’aime pas trop que je traîne dans ces petites arrières-rues, culs de sac entre les résidences. Que veux-tu.

J’arrive à mon but, cool. Métro, toujours pratique. Et la crainte du jour : l’autorickshaw. Je me suis déjà fait avoir plein de fois, ça commence à bien faire. J’annonce le prix conseillé par Samar, ne l’obtiens pas mais m’en approche et paie finalement 80 roupies pour 30 minutes de course : pas mal du tout. Passage par les ambassades et quartiers huppés, les rues sont vides et propres.

14h30, arrivée à la JNU, Jawaharlal Nehru University, où Samar habite. Il s’agit d’une des universités de la capitale, à l’intérieur d’un campus aux allures de communauté autonome. Végétation un peu sèche, route principale, plein de petits logements. La mère de Samar est prof d’Espagnol à JNU, lui permettant, comme tous les enseignants, personnels administratifs et étudiants de l’université, d’avoir un logement sur le campus. Ca reste sommaire : appartement d’une petite centaine de mètres carrés, murs et sols assez vieux, où vivent le fils, la mère, la grand mère et la maid (femme de ménage).

Ambiance de désert gentiment urbain pendant l’après-midi et son soleil écrasant. On se ballade avec Samar et une amie. Petit passage par le mini centre commercial : quelques vendeurs de boisson, de légumes, de glace, etc. Suffisamment pour vivre sans avoir besoin de sortir à Delhi, d’après Samar.

On se pose dans sa chambre, et ressortons en début de soirée, 18h00. La nuit a commencé à tomber, et là, atmosphère totalement unique : des centaines de personnes se retrouvent sur ces sortes de terrains vagues, sans lumière, autour d’un petit verre ou pas. Je concentre mon potentiel poétique pour retrouver le souvenir d’une telle ambiance : en fait, ça me fait penser à un festival de musique, la nuit tombée. Mais ici, c’est un jour comme les autres.

J’emprunte le bicycle d’un ami pour faire un petit tour sur le campus. C’est assez grand. Les étudiants ont le choix parmi plusieurs résidences, alors que les parents et ce qui ressemble à des familles plutôt nombreuses vivent dans ces petits lotissements. Ambiance cité, mais sur 3 étages maximum, sans le bruit, et avec la végétation.

L’ennui occupe : je me motive à bouger uniquement vers 20h. Auto(rickshaw), les bonnes nouvelles s’accumulent : je paie encore moins cher, et profite du paysage quand le chauffeur trahit sa méconnaissance du chemin en demandant environ à 736 personnes où se situe la station de métro.

Je n’arrive pas au terminus de Central Secretariat, mais à Patel Chowk, où le hall d’accueil est utilisé comme “Metro Museum“. Chouette. Plusieurs panneaux, photos interdites. La carte du métro, version 2010 et à suivre, donne complètement envie : un réseau hyper dense, déservant tous les coins de la capitale, et surtout le Sud, grand oublié des rails jusqu’à présent.

Après les chauffeurs sympas, ce sont les simples usagers du métro qui me font passer un très bon moment. L’un entame une petite discussion avec les quelques mots d’anglais qu’il connaît, l’autre pose son petit sac de provisions sur mes genoux avant d’échanger quelques sourires amicaux. Je le suis, lui, son fils semble-t-il, et sa femme, hilare, dans les couloirs de la station de métro où je change de ligne. Ils prennent un autre escalator, au revoir de la main. En étant étranger à  Delhi, ce genre de petites rencontres arrive souvent. J’attends le second métro, un type un peu saoul m’approche et me lance la causette. Dans la rame, il divulgue son état devant tout le monde, quand je croise son regard, en gueulant “NEXT STOP!!!” pour m’indiquer mon arrêt.

Et puis, la bonne surprise du petit prix (10 roupies), pour rentrer de ce qui est désormais notre station de métro (Pulbangash) à la maison.

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Dimanche 20 septembre

Dinesh, homme à tout faire, et les deux servants de Rahul

Repos mérité. Pas grand chose de productif aujourd’hui, si ce n’est l’achat d’un frigo (7800 roupies, 110 euros). Le soir, petit diner à l’appart avec Gulshan. Je la raccompagne à 2h30 du mat’. J’imagine la laisser au rickshaw, mais les cyclistes dorment déjà, et le seul chauffeur d’autorickshaw présent ne semble pas méga réveillé. Ambiance curieuse : en cette veille de fin de Ramadan, il y a une sorte de spectacle show et lumière, en pleine nuit, au coin de la clock. La nuit, l’ambiance est unique, un peu hypnotisante : chiens errants, travailleurs qui dorment sur les toits ou à même le sol, gardes endormis. Un type en moto tente de disperser les gamins de la rue à coup de bâton. Là, un anglophone nous file un coup de main. On nous conseille de prendre les références de l’autorickshaw, au cas où quelque chose arrive. J’accompagne finalement Gulshan jusqu’à son appartement, à un autre quartier adjacent au campus. On ne sait jamais.

 

Dinesh et Stéphanie

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Lundi 21 septembre

Ce qui est bien en Inde, c’est qu’avec toutes les religions qu’il y a, on trouve des jours fériés tous les 5 centimètres sur le calendrier. Aujourd’hui, c’est Eid, la fin du ramadan. Évidemment, tout le monde n’est pas musulman, et tout le monde ne fait pratique pas, mais les grandes institutions (l’université, pour ce qui me concerne) sont fermées. Idéal pour se reposer, mater un film, étudier un peu.

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Mardi 22 septembre

Stéphanie a eu la bonne idée de perdre son porte-feuille. Ca aurait pu être pire : elle ne perd que sa carte bancaire ; elle avait son passport et du cash européen et indien à côté.

On se demande si elle s’est fait voler l’objet le matin même, dans l’appart. En effet, comme elle se réveille après moi et qu’il n’y a pas de verrou à notre porte, mais seulement des loquets, je suis contraint de laisser l’appart’ ouvert pendant quelques dizaines de minutes. La porte d’en bas est fermée depuis quelques jours. Restent certains employés de notre propriétaire, qui viennent ranger des boites à gateaux dans les appartements vacants… Rahul affiche un petit sourire au coin quand il lance sa manigance : nous donner des porte-feuilles vides que nous laisserions sur la table basse du salon, porte ouverte, pour voir s’il se passe quelque chose… Le coquin.

Le soir, je sors pour aller faire quelque courses. Les gamins de la rue, enfants des marchants ambulants, sont de sortie. Le petit gamin qui me sert la main en gueulant “HIIII !!!” dès que je passe, arrive aujourd’hui en faisant des pas d’antilopes, et il a envie de parler. Pratique, il porte son prénom sur le bras : Chian. Il me présente ses potos d’âge de moyenne section. Les quelques secondes quotidiennes que je partage avec eux font à chaque fois ma journée. La photo pour bientôt.

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Mercredi 23 septembre

Quand j’achète mon lait, des petites fillettes font la manche et me font remarquer qu’après le passage à Main Bazar, je n’en ai pas trop croisé. Toujours est-il qu’elles sont un peu collantes, et que leur petite main chatouillant mon bras velu ne présage rien de très hygiénique. 1 roupies pour l’une, l’autre me saute dessus, je me débats pacifiquement, les indiens regardent la scène en souriant, mais reprennent le dessus et fixent les limites quand la gamine tente de me suivre dans la cour.

Journée de cours classique : énergie suffisante pour le premier cours que j’entame seul, en tête à tête avec le prof ; seconde heure plus difficile : Dr. Prashant est bien gentil mais son monologue de 55 minutes se marie difficilement avec ma fatigue grandissante. Je trouve le remède enfin, en découvrant que je kiffe toujours les échecs et mon Mac.

Les deux prochaines heures sont annulées. Ca se refuse pas.

Midi, Omar a annoncé le coup : c’était son annif hier, il paie le resto. Et pas n’importe quoi. Avec Farha et Aksha de la classe, et deux autres types, on va à la Colonie des Réfugiés Tibétains, à dix minutes en caisse du campus. Je découvre East-Delhi pour la première fois. La colonie est assez dépaysante : on retrouve les petites rues gentiment commerçantes de la vingtième aventure du héros de Georges Remi. Arrivée dans un resto surpeuplé de ventilos. Omar annonce la couleur : “curry beef for everyone?“. Je réponds : “BEEF? HELL YEAH!!!” Pas fastoche de trouver de la vache — pour manger — à Delhi ! Nous en profitons, nous gavons, prennons les restes pour le diner de ce soir, suons dans la voiture du retour, patientons dans le rickshaw, achetons à boire, nous lavons, et siestons. C’est la belle vie, Delhi.

Les pâtisseries de Madame Rahul sont exquises

La petite dernière

Désolé pour la qualité : Stéphanie a fait ce qu’elle a pu avec son appareil photo dans le noir…

  • LL

    Je surkiffe ton adventure Indiana Sam comme d’hab !

    En partie le moment avec les jours fériés (c’est un pays pour moi ça XD) !

    Bibi et courage pour les cours !!

    PS: Juste pour comparer…Il fait combien de degrés ?