Je vous écris un petit mot depuis la bibliothèque de mon college, où je suis pour la première fois, pendant le cours d’Ethics que je gratte pour prétexte du cours de Prashant, finalement annulé.
Bref. Demain aprèm’, je pars avec un paquet de potes étrangers à Pushkar, pour une foire de chameau. Mon rêve. Donc pas de nouvelles de moi pendant quelques jours. J’anticipe.

La vie suit son cours ici. Début de semaine un peu difficile pour moi et pas mal de monde par ici (en particulier les étrangers) : il commence à faire plus frais, peu à peu, en particulier la nuit, amenant une petite épidémie de rhume. J’en suis victime le temps de quelques jours : toux, nez au trafic semblable aux rues de Delhi et petits problèmes de respiration. Mais bon, le Symbicort est révolutionnaire et au bout de quelques dizaines d’heures on se sent déjà mieux.
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A part ça, j’ai eu lundi par le biais d’un copain d’une copine, un syllabus (document de présentation d’une formation) du Master en Études Bouddhiques. Très intéressant. Je vous en résume les grandes lignes. Master in Arts – Buddhist Studies, 1ère Année : Semestre 1 :
Pâli : ancienne langue indienne, dans laquelle furent écrits les premiers textes bouddhiques. Sanskrit : langue morte principale en Inde, à l’origine de l’actuel Hindi. Prakrit : version usuelle du Sanskrit (le Sanskrit prend une certaine forme littéraire et religieuse). Semestre 2 :
En première année donc, une série de cours imposés, sans spécialité (si ce n’est ce choix entre chinois et tibétain au semestre 2). Des formes de validations variées j’imagine : petites interros, rédactions maison mais surtout examens finaux sur table. Donc oui, je vais apprendre trois langues mortes, et le chinois très probablement. Enfin, du calme, ça sera les bases. Mais je reste chaud pour papoter en Prakrit autour d’un chai.

Photo by Damien (Phototrend.fr)
En deuxième année, la spécialisation est beaucoup plus poussée : l’étudiant choisit ses cours selon 6 parcours, 6 groupes.
Chaque parcours correspond à une sélection particulière de 8 cours (4 par semestre) parmi les 33 cours proposés aux étudiants de deuxième année.
10. Pâli Vinaya et Sutta Pitaka – I
11. Pâli Vinaya et Sutta Pitaka – II
12. Textes Abhidhammic Pâli
13. Littérature post-canonique
14. Littérature Vamsa Pâli
15. Ethique (orientale et occidentale)
16. Epigraphie bouddhique
17. Mahayana, Tantrayana et Vajrayana tardifs
18. Idéalisme Yogacara de Vasubandhu
19. Philosophie Madhyamaka de Nagarjuna
20. Dignaga : logique et épistémologie bouddhique
21. Littérature Mahasanghika – Lokottaravada – Sarvastvada
22. Littérature Mahayanique
23. Fondations bouddhiques : étude littéraire
24. Fondations bouddhiques : étude archéologique
25. Avènement et diffusion du Bouddhisme du sud
26. Avènement et diffusion du Bouddhisme de l’Himalaya et Mahayana
27. Renouveau du Bouddhisme en Inde et à l’étranger
28. Art et architecture bouddhique
29. Philosophie bouddhique en Pâli
30. Philosophie bouddhique du langage et de la dialectique
31. Philosophie Abhidharma en Sanskrit
32. Histoire du Bouddhisme en Chine (220 CE – 907 CE)
33. Histoire du Bouddhisme en Chine (depuis 907 CE)
34. L’ordre monastique en Chine
35. Art et littérature bouddhique en Chine
36. Influence du Bouddhisme en Chine
37. Sectes bouddhiques en Chine
38. Littérature bouddhique tibétaine -
39. Littérature bouddhique tibétaine – II
40. Littérature bouddhique tibétaine – III
41. Littérature Prajnaparamita tibétaine
42. Philosophie et logique bouddhique tibétaine
43. Bouddhisme ésotérique au Tibet
Sur le document, rajouté à la main, probablement l’intitulé d’un nouveau cours : “Pré Bouddhisme au Sri-Lanka”. Quelques remarques :
J’ai mis en gras les cours du parcours que je vais probablement choisir : philosophie bouddhique. Car ma recherche reste philosophique : prendre dans le Bouddhisme des éléments riches et pertinents pour les ramener à des questionnements philosophiques plus généraux. Les autres parcours sont intéressants, même si 4 d’entre eux requièrent une bonne maitrise d’une langue morte (pâli, sanskrit) ou vivante (chinois, tibétain). Vous le voyez : pas de place pour un début de recherche universitaire, même en deuxième année. Peut-être un élément décisif qui justifiera, en plus de l’envie de bouger, de faire mon M2 dans un autre pays, probablement en Asie du Sud-Est. Les deux fonctionnements sont intéressants. A ce niveau l’apprentissage sera avancé, basé sur des textes, avec probablement de bonnes réflexions à fournir pour les validations. Mais la recherche apporte une concentration plus intense sur un sujet en particulier, avec l’intérêt et l’excitation d’étudier une problématique un peu nouvelle. Et j’ai déjà pensé à un sujet : les implications politiques de la philosophie bouddhique (politique dans le sens de philosophie politique et non pas dans le sens de parti politique en particulier). Reste l’éternel débat de se demander si on est assez prêt, si on en sait assez pour pouvoir voler de ses propres ailes. Je ne peux pas trop me positionner sur le niveau de ma connaissance après le M1. On verra.
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A part ça, un petit changement depuis la dernière semaine, dans mon quotidien de delhite. Suivant les conseils et pratiques de mes camarades expatriés, j’ai tenté ma chance et suis devenu adepte du rickshaw sans monnayage. Ça parait anecdotique mais cela montre un certain confort que j’ai trouvé avec ce monde où le prix non-fixe est la norme. L’idée est donc d’indiquer au chauffeur uniquement l’endroit où je vais, sans parler du prix. A la fin, on donne ce qu’on estime juste. Et miracle : la plupart du temps, il ne demande pas plus. Pourquoi ? Peut-être parce que ne pas discuter le prix montre au conducteur qu’on lui fait confiance. A discuter, 9 fois sur 10 le chauffeur demande plus que le prix juste. Ici, il peut arriver qu’il demande un plus à la fin, mais en insistant un peu ça peut passer, et sinon je me sens beaucoup plus capable qu’avant de céder, me rappelant que 5 roupies en moins, ça change pas grand chose pour moi, déjà plus pour lui. En bref : ça me revient au même tarif (dans les deux cas il m’arrive parfois, pas souvent de payer parfois 20 au lieux de 15), je n’ai pas à m’emmerder à monnayer, ce qui évite toute relation directement monétaire.
Bref ! Encore plein de trucs qui n’intéressent que moi… au final.