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L’été indien

L’été indien, c’était d’abord pour moi l’entre-deux universitaire. D’un coup, Hindu College me reconnait enfin comme son étudiant mais je dois alors payer les frais d’inscriptions si je veux voir mon dossier envoyé au département de Buddhist Studies. Sympa.

Une semaine et trois visites suffiront pour arriver à mes fins, non sans l’aide de Monsieur le directeur, dérangé de son boulot ô combien important pour taper la table du poing et remuer la bureaucratie endormie. Ce sera en revanche la réponse pour mon master qui patientera, jusqu’au 20 juillet, veille de ma rentrée des classes… qui sera finalement repoussée, à deux reprises d’ailleurs. Ça tombe bien, parce que les 10 jours qui suivirent n’auront pas été de trop pour boucler l’inscription au niveau de l’université et du département. Et, étape ultime avec l’extension de mon visa, obtenue (presque) pas essoufflé.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que je remarque que ce bazar administratif ne m’énerve plus comme par le passé. Je sais maintenant que la moindre demande, le moindre petit papier peut prendre de quelques heures à quelques jours. Alors, en s’y attendant, les mauvaises surprises sont aux abonnés absents et ce ne sont que les moments rigolos ou inattendus qu’on retient.

Guillaume alias ‘Bilkul‘ et Brunelle ont inauguré les visites estivales. Ne perdant pas leur rythme mythique, ils ont enchaîné le nord-est indien par la Birmanie, la Thaïlande, la Chine, le Laos et peut-être même bien un peu de Vietnam ou de Cambodge !

Intéressant de confronter notre appréciation du Laos. Pour eux comme pour beaucoup, le petit pays reste drôlement sauvegardé à côté des voisins thaï et viets. Baroudeurs plus expérimentés que votre humble rédacteur, ils ont à mon avis, avant tout, su tirer plus de fruits de ces instants de vadrouille que moi.

Alors que les belges japonisés Thomas et Dai-Linh réussissent l’exploit de se faufiler hors de mon viseur, les prochains convives n’y manquent pas. Joana et Cécile, qui m’avaient contacté via mon blog (comme quoi !) et qui seront en échange cette année, dans le cadre de leur formation Sciences Po Paris. A ma droite… Roman, suisse sauvage et fou qui a croisé la route de Bilkul et Brunelle chez les jaunes. La route, c’est le cas de le dire vu qu’il s’agit du fil rouge de son voyage : revenir du Japon sans jamais prendre l’avion. Deux mois à bosser, puis le ferry, trois jours de camion, une entrée illégale au Tibet, du stop un peu partout, quelques nuits sur les toits de Bénarès et je le vois à Ghanta Ghar, un dimanche matin, tranquillement assis en train de siroter un chaï… bien plus relax après cinq jours dans le sous-continent que moi après 11 mois…

Juillet, c’est aussi le début de la mousson. Ces pluies fortes frappent en général le matin, pendant quelques heures, 3 à 4 fois par semaine. Idéal pour rafraichir l’air, un peu moins pour ce qui est des routes inondées ou des insectes qu’elle apporte. Une seule fois, le salon en ressortira un peu trempé. Mais c’est pas grave, il est pas en sucre. (Au centre, Ward l’ami hollandais qui, le malin, à décroché une seconde année de suite sa bourse Erasmus Mundus à 1000 euros par mois, pour le Kerala cette fois-ci !)

Roman de retour de Rishikesh. Comme on peut le voir sur ce superbe cliché, il a trouvé le moyen d’offrir ses fringues à un sadhu, le laissant moins bien fringué qu’un intouchable. Mais toujours le sourire aux lèvres. Depuis, il a quitté l’Inde, via Amritsar et la ville pakistanaise voisine Lahore. Peu de nouvelles de lui. Ah si, sur Facebook : “Alive in Islamabad!“. Bon, c’est l’essentiel.

En fait, voilà le vrai visage de mon été : ce très beau macbook et tout ce qui s’est passé dedans. Eh oui, le blog en particulier, et quelques mails m’auront gardé de la chaleur extérieure delhite. Deux semaines pour vous conter le voyage sud-est asiatique et une dizaine de jours pour mettre en place le nouveau design et adapter le contenu à la nouvelle forme. Aux comptes des innovations :

Un malabar à celui qui retrouve la location de la photo ci-dessus !

Bon, c’est bien beau de gâcher son été devant l’ordi, mais, me diriez-vous, à quoi bon ? Eh bien, pour régler les affaires et pouvoir profiter un peu plus du monde qui m’entoure. Pas une mauvaise idée, ça.

Je remarque avec joie que les relations s’intensifient dans le quartier. Gamin des rues, commerçants ou voisins, j’ai cassé avec beaucoup la barrière du “namasté et je m’efforce d’aligner les quelques mots de hindi que je connais pour essayer d’aller un peu plus loin. Et, miracle, ça marche ! Pas besoin de grand chose, et d’ailleurs, pas besoin d’être expert de hindi pour discuter. Une bonne leçon, pour moi qui me cachait derrière mon ignorance de la langue !

Nouveau convive en la présence de Ben. Les bons moments avec le british auront été nombreux au cours de l’année. Le coquin vivait l’expérience au point de crécher dans une résidence étudiante indienne ! Quelques jours à Delhi pour dire au revoir aux copains, et paf, back at the rosbiffs’.

L’été 2010 marquera aussi l’histoire par les débuts du nouveau talent du cricket français : IndianaSam. Je joue désormais assez souvent au sport national avec les kids de ma rue, en bas du K-28. Intéressant de découvrir l’Inde par leurs yeux d’ados issus de famille de classe moyenne. Ils m’ont fait peu à peu porter le costume pluriel du grand frère – copain – étrange étranger. Ça tombe bien : j’aime les fringues !

Un dimanche midi à Delhi. Stéphanie invite ses amies indiennes Sadhana et Preeti (au centre), avant son départ… pour la Thaïlande. Okay, elle sera de retour dans dix jours, mais on fait comme si. A droite, Thomas et sa copine Magna.

Thomas est depuis quinze jours mon nouveau colocataire. Originaire de Boston et diplômé de Yale en Philosophie, il a déjà passé 18 mois en Inde, à Pune principalement, pour une recherche sur Les Racines Philosophiques de l’Environnementalisme Indien. Il en est ressorti avec une amoureuse, et c’est pour elle qu’il revient à Delhi cette année. Il n’est plus étudiant mais alterne articles pour l’académique et boulot de relecture de lettres de motivation de candidats japonais à des Business Schools du pays de l’Oncle Sam. La colloc’ se passe à merveille jusqu’à présent : nos rythmes et nos activités sont plutôt similaires, et notre intérêt commun pour une certaine vie spirituelle, à commencer par le contrôle de soi, nous offre un quotidien vraiment paisible et plaisant.

Un dimanche après-midi à Delhi… Sortie au Parc de Gandhi, pour un peu de cricket sauvage.

Et un dimanche soir à Delhi… Rikki (à droite) nous invite dans son salon über-class. A gauche, Angelika, étudiante allemande inscrite en candidat libre à la faculté de Travail social. Elle passera quelques temps à la maison, elle-aussi, en attendant la préparation de son appartement, au sud de la capitale… Plus d’une heure de trajet matin et soir pour rejoindre le campus nord, et cet éternel débat : Delhi Sud : plus classe que Delhi Nord ? Je vous laisse juge.

A ne pas manquer ! L’album photo de ces vacances : A Dilli Summer