
Ce qu’il y a de bien avec une inscription dans une université indienne, c’est qu’on est mis dans l’ambiance avant même de mettre les pieds sur le territoire. Un peu comme la sensation acide qui arrive juste avant de croquer le cornichon.
Dossier envoyé à la fin du mois d’avril, on m’indique que la réponse arrivera vers la fin du mois suivant. Patience, patience, e-mail non-répondus, tentatives de discussions téléphoniques rendues franchement balaises par un accent un peu trop marqué à mon goût.
Résultat : affaire repoussée de semaine en semaine, et à force de les harceler j’obtiens mon Graal : la confirmation de mon admission… le 11 juillet, soit 4 jours avant le début des cours !
Ne restait plus qu’à récupérer la lettre attestant mon inscription… Rien de plus simple… ??? La lettre a été envoyée à l’Ambassade indienne en France, et l’Ambassade française en Inde. S’ils m’avaient promis un exemplaire dans un précédent mail, l’université ne semble plus motivée, d’un coup. Booooonnnn.
L’Ambassade de Paris m’explique qu’ils ne pourront pas trouver une lettre en particulier parmi la tonne de courrier qu’ils reçoivent. Ce sera finalement une employée de l’Ambassade à Delhi qui me fera parvenir une copie scannée. Dernière petite blague ? Il faut l’originale pour le visa étudiant… Ouaaaaaai.
Bon, mon tact légendaire a fait que j’ai pu parlementer et faire marcher l’affaire avec une copie.
Me voilà donc, fier comme un expatrié, dans le compartiment cosy de première classe d’un TGV La Roche sur Yon – Paris Montparnasse, permis à faible coût par une très peu fortuite carte 12-25. Passage par le service VFS, s’occupant des visas indiens, pour récupérer mon dû, nuit chez la sœur habitant à quelques minutes en train et départ demain.
12h20 ; je trouvais ça marrant de passer par Helsinki avant d’arriver à Delhi–normal–alors je l’ai fait. Arrivée dimanche matin à 4h du matin, heure locale. En France : samedi soir, 23h30.
Petite info pour ceux qui seraient tentés de passer me faire la bise : le billet aller-retour, pris moins de 48h avant le départ, m’a coûté environ 630 euros. Si j’avais pu avoir une semaine devant moi avant mon départ, j’aurais pu m’en tirer à 520 euros. Et pour les méga prévoyants, un billet A/R avec quelques mois d’avance peut revenir à 400 euros ! COME HERE MY FRIENDS! (accent indien)
Bon, jusqu’à présent dans ce fabuleux article–précision pour ma famille qui compte environ 95% de néophytes en nouvelles technologies : on parle de post pour désigner un article de blog…
–, dans ce fabuleux post donc, je n’ai abordé que des points logistiques. C’est important, il faut passer par là, mais ce n’est évidemment pas l’essentiel.
Je vais arriver dans moins de 48 heures dans une petite partie de la ville, bien connue, appelée Main Bazar. Petite rue commerçante, on ne peut plus typique, pittoresque. Touristique aussi, mais dans le genre baroudeur (ce qui reste une petite ironie vu mon talent pour ne serait-ce que planter une tente). Histoire de ne pas avoir à tout gérer d’un coup, j’ai décidé de réserver une nuit d’hôtel, avec pick up à l’aéroport. Ça, c’est plutôt cool. Parce que sinon, j’ai comme option les fameux rickshaws, duquel le chauffeur va très probablement me raconter des bobards pour :
Autre option, les prepaid taxis. On paie à l’aéroport une sorte de forfait, et c’est plus “propre”, pas de parlote, pas de marchandage. Mais il arrive souvent que le chauffeur demande un petit quelque chose à la fin.
Bref, le pick up proposé par l’hôtel fera l’affaire. Je trouve donc leur site web. Après avoir convaincu mon Mac que non, ce site n’est pas un site dangereux qui cherche à télécharger des logiciels fallacieux sur mon ordinateur (enfin, j’espère), j’ai complété le formulaire de réservation. Je laisse mon adresse e-mail, puis la consulte, pour remarquer que l’adresse où le formulaire a été envoyé n’existe plus… J’en rigole encore. Je m’arrange pour trouver une autre adresse e-mail, leur explique l’affaire. Ce matin, ils m’ont répondu, très sympathiquement. Bon, on va passer sur le fait que dans le mail, le type me reprécise les tarifs et tiens ! ils ont augmenté de moitié.
Voilà ce qui me tracasse un peu, où j’en suis. Avec tout ce qu’on m’a dit, tout ce que j’ai lu. La pression que, “non, il ne faut pas se faire avoir“. Qu’il faut faire gaffe. Tout ça. A vrai dire, je ne me sens pas prêt à dire poliment fuck à un chauffeur de rickshaw tentant de m’entuber sur le prix de la course… tout simplement car je n’ai aucun moyen d’estimer quel prix sera décent ! Pareil pour l’hôtel.
Mais bon, on verra. Comme m’a dit mon pote Flo, hier soir au téléphone, “en arrivant on découvre qu’on se met beaucoup plus à sentir les choses.“. En gros, pas forcément la méfiance rationalisée, mais juste le feeling. Je veux bien le croire. Et puis, il faut laisser les expériences venir. Bonnes ou mauvaises.
Bref. Mon souci concerne le début de l’aventure… (enfin, concernait, car je commence à relativiser l’affaire). Les premières heures, les premiers jours. Ensuite, vient le confort nécessaire pour en profiter. Peu à peu, trouver un lieu fixe pour dormir, et me mettre à rattraper mes 2 semaines et demi de cours loupées. Flo me l’a dit : j’ai de la chance de faire cette expérience dans le milieu étudiant, car ça va me permettre de vraiment rencontrer les gens du coin. Voir comment ils vivent. Vivre avec eux. Ça, ça va être cool.
Enfin bon, mon train arrive à son point final dans quelques minutes. Pour tout vous dire, je suis bien le dernier à me rendre compte que je serai à Delhi dans moins de deux jours. Tout va arriver ultra rapidement. D’ici au départ. Et puis les premiers jours, des sprints marathonés. Et puis, d’ici quelques semaines, je me réveillerai un matin en me disant : “Merde alors, je suis en Inde !“.
J’en reviens pas, ça va être fou. Ce petit blog, je vais tenter de le tenir comme il faut. Tant que possible, un blog équilibré, entre le silence de quelques semaines franchement compréhensible mais un peu chiant, et les monologues illisibles (un peu comme ce premier post). Et puis, grâce à Sam my boy, webmaster de ce blog, et, accessoirement, de celui de Radio Campus Angers, je pourrai vous proposer mes photos d’ici, superbement organisés, à la page Photothèque. Pour l’instant, ce ne sont que des essais. L’occasion de vous rattraper sur quelques étapes de mon voyage aux US. Et puis les vidéos, je pourrai en faire, mais mon expérience américaine me rappelle que ça prend un temps fou à monter. Alors, oui, peut-être parfois, quelques petits moments de ma vie de fou, ici.
THAT’S ALL ABOUT LOVE! (toujours avec l’accent indien).
Mettez-vous au Hindi, car bientôt je ne parlerai plus que ça !
Bisous à tous, à très vite… Et noyez moi de nouvelles. Allright?
Much love to all of y’all.
Peace,
Samitito