Comme dit précédemment : peu de vécu jusqu’à présent mais beaucoup à dire.
Je me fais aux accommodations : j’ai perpétué ma légende de boucheur de toilettes en ajoutant celle de ma chambre à ma liste de victimes, au nombre de une minimum par ville visitée aux USA (notamment). La douche, moins d’un mètre plus loin, explique pourquoi les toilettes finissent toujours trempées. Mais en quelques heures, il fait tellement chaud que tout est évaporé. Je me brosse les dents avec de l’eau en bouteille et je me lave les mains avec du gel douche, ou pas, peu à peu.
Découverte de l’hôtel dès mon réveil en début d’après-midi : plusieurs dizaines de chambres sur plusieurs bâtiments. Les deux principaux sont reliés par un restaurant ouvert 24h/24, au toit. J’y ai rencontré, dès le début de l’après-midi, deux allemands baroudeurs de 25-30 ans. Très bon feeling. Comme la plupart des résidents de l’hôtel, principalement étrangers, il s’agit d’une escale insérée dans un périple plus long. Pour eux, c’était avant Delhi, l’Himalaya, et quelques villes du Nord. Leurs photos sont des bijoux rendant ces lieux d’aventure totalement tentants. Et ils continuent pendant encore quelques semaines.
Dans l’après-midi, première sortie. Beaucoup de monde, trafic anarchique ; principalement des autorickshaws, scooters et petites voitures dans cette zone non bétonnée. Si on fait trop le touriste, c’est-à-dire marcher lentement en regardant tranquillement tout se qui se passe, on se fait abordé toutes les 2 minutes. Bien que je semble plus déterminé, il m’arrive le même sort. Un type insiste pour me vendre des cartes de la ville, puis il veut me la faire visiter ; je refuse plusieurs fois, fermement. Il tente de me prendre par les sentiments (“You don’t like to help people?“), mais je finis par m’en débarrasser. Pas de violence ici : on se fait aborder mais ce n’est pas de l’agression. En insistant, on s’en sort. Je finis par trouver mon guichet de retrait de billets, et pas en Hindi tant qu’à faire. Petite boutique, surveillée par un agent de sécurité endormi. 3000 roupies, soit 45 euros.
Retour à l’hôtel. Je tente de marchander le prix de ma chambre avec l’homme de l’accueil, sachant que c’est plus cher qu’annoncé et que j’ai plus de confort que demandé. J’arrive à gagner 50 roupies sur 500 (8,5 euros), avant que le type revienne sur son choix. Demain, soit je change de chambre pour une un poil moins confortable, à Rs 450, ou il descends le prix de la mienne.
Je vais acheter de l’eau en bouteille dans une petite boutique. Du papier autour du bouchon, plus bouchon scellé : c’est bon. L’eau propre se trouve, ici, il n’y a pas de souci. Prix d’un litre : 10 roupies (15 centimes d’euro).
Retour à l’hôtel, on investit le resto avec les allemands. Bouffe thaï pour moi, excellent, plus boisson et dessert ; de quoi remplir une vache sacrée : 180 roupies (3 euros). Début de plusieurs heures de glande sur le toit, quand il commence à faire plus frais, le vent aidant, vers 17h. Peu à peu, étrangement, il semble faire de plus en plus chaud.
Album photo “Roof top“
En y réfléchissant, je crois bien que la chaleur toute seule peut donner une sorte d‘impression d’ébriété. Bon, c’est clair, la bière et les substances inhalées y sont peut-être aussi pour quelque chose.
Les allemands sont très accessibles, et la soirée voit arriver l’émergence d’une discussion philosophique déroutante. La nuit tombe à 19h. Et puis, un des nombreux serveurs de l’hôtel nous fait changer de place car l’alcool est interdit ici ; nos bières acheter à un autre hôtel ne sont pas les bienvenues. Tant que son boss ne voit rien, ça lui va. Quoi que.
Peu à peu, rencontre de 2 français, parisiens, aussi des baroudeurs, ici pour quelques nuitées.
Il fait une chaleur incroyable : douche obligatoire vers 23h, tentative de connexion au réseau internet, pas possible depuis mon portable, donc depuis les ordinateurs fixes. Pas terrible pour mettre à jour le blog. Retour, restaurant du toit : bouteille d’eau et un petit jus de mangue pour la nuit. Je songe à reprendre une douche, même si je serai en sueur 30 minutes plus tard, de toute façon.
En résumé : oui, c’est calme, shanti shanti, comme on dit. Le personnel de l’hôtel, qui comprend plusieurs dizaines d’hommes, est toujours accessible et présent. Même s’ils ne peuvent pas toujours résoudre notre problème, ils ont toujours un grand sourire. Et quand on se prend à l’avoir aussi, ça passe encore mieux. Le personnel a le rythme du coin : marche lente, gestes lents : pas besoin de se crever, il fait déjà suffisamment chaud.
Le relatif confort de notre situation, la chaleur bouffante et peut-être l’apparente anarchie dans la rue notamment, m’invite à prendre mes aises, peut-être trop. Je ne sais pas si c’est bien d’avoir tant tenter de monnayer ma chambre, ou si mes demandes de services répétés ne sont pas de trop. Eux sont toujours accueillants et polis. Ils semblent loin de juger mes actes : ils s’en foutent.
Superbes moments jusqu’à présent. On se fait à la fatigue et le corps en sueur. En début de journée, les allemands m’ont avoué qu’ils avaient déduit de ma tenue très propre, que je venais d’arriver. En fin de journée, je me rends compte que j’ai perdu quelque part, ci ou là, ma classe. Eh oui. Et pas qu’un peu.
N’empêche, il reste bien que beaucoup de choses ici sont inexplicables avec des mots. C’est le cas pour beaucoup d’aventures, c’est vrai, mais une telle différence de pratiques, d’attitudes, d’architecture, d’odeur, c’est inimaginable quand on reste dans notre confortable Europe. Une raison de plus pour venir me voir. Surtout si les situations bordéliques vous font marrer.
Demain : plus d’infos sur mon inscription à la fac ! We’ll see.
Peace!
Sam
Note : j’avais expliqué dans un précédent article que le rickshaw était un tricycle motorisé. Ce modèle est en fait l’autorickshaw ou tuk-tuk. Le rickshaw est en fait le tricycle non-motorisé, qu’on pourrais appeler vélo-porteur. Voilà.