A Delhi, les jours se suivent et ne se ressemblent pas.
Ce matin, départ pour le Foreign Regional Registration Office. Premier défi : trouver un moyen d’y aller. Le tuk-tuk, bien sûr, mais je ne sais pas quel nom indiqué pour que le chauffeur connaisse. Demande de conseils à l’accueil, et on appelle d’un signe de main le chauffeur qui reste toujours devant l’hôtel : ça va se faire avec lui. Je sais qu’il prend un peu cher en général, mais je n’ai pas trop le choix car je ne veux pas tarder, et je sais qu’au moins il sait où c’est. 150 roupies, tant pis.
J’y arrive. Beaucoup de monde, une grande file d’attente. Je parle dès mon arrivée avec un congolais nommé David ; je vais passer la journée avec lui. Petite entrave à la file, pour aller faire des photocopies préventives, de l’autre côté de la route. Retour, et c’est parti pour 3h30 d’attente. Ça parait plus rapide que cela ; on parle avec les autres congolais présents, où cette française, Agathe, stagiaire à l’Alliance Française. 13h30 : on arrive enfin devant le bureau de renseignements, maigrement agencé par un seul employé. Pas de peau : pause lunch. Retour à 14h, mon cas est réglé très rapidement. Bon, il me manque un document de la part de l’hôtel, attestant que j’y réside (la petite facture de la nuit passée ne suffit pas), donc je devrai revenir, mais il me donne le formulaire à compléter, ce qui me permettra d’aller directement au guichet, sans attendre. Enfin, presque. D’autres sont moins chanceux, quand leur cas comporte de petites particularités qui se confronte à l’incompréhension chronique de ce cher employé. D’autres, moins occupés, comprennent en un clin d’œil et règlent l’affaire d’une petite signature.
Je sors avec David ; 15 minutes d’autorickshaw pour atteindre un centre plus agité, et surtout le Mc Do. Agent de sécurité inspectant à l’entrée, et le plus grand bonheur de toutes les fois où je suis allé au Mc Donalds de ma vie, car là je vais pouvoir bouffer en étant à peu près sûr de la propreté de l’ensemble. Rien que le carrelage resplendissant fait franchement transition avec la saleté ambiante de dehors. Frites et coca semblables à l’Europe, et un des nombreux Mc Chicken pour moi. Eh oui, ici, pas de viande rouge, donc le poulet est développée à toutes les sauces. Je tente le plus gros, et ressors un poil déçu et trop plein par la sauce. Mais au moins, j’ai suffisamment mangé et c’est à peu près pas trop mauvais pour mon corps. Je m’hésite à un des Sundaes, franchement tentant avec un nappage craquant digne des plus grands, mais je n’ai décidément plus faim.
Nouveau trajet en tuk-tuk : on veut joindre une station de métro. David connaît bien la ville, mais pas encore parfaitement le réseau de métro, et le chauffeur qui accepte de nous prendre non plus. Du coup, on passe sans le savoir pas loin d’une station, pour rejoindre la principale, beaucoup plus loin… 30 ou 40 minutes de trajet, le temps de me rendre compte qu’avec la santé revenue, et l’estomac plein, je recommence à apprécier même ce type de moment. Je retrouve un peu le regard curieux du premier jour, quand le chauffeur de l’hôtel m’a ramené de l’aéroport. Regard curieux, tout s’habituant.
Métro ; nous retrouvons près de l’université Stéphanie et Magan, son ami indien, qui nous a dégoté de super bijoux… en particulier un appartement, que Steph a visité hier. Ils y vont en moto, on les rejoint en rickshaw… et je donne un peu plus que prévu au conducteur, car je l’ai vu franchement souffrir au poids de sa cargaison, supérieur au quintal et demi, à mon avis.
Grande rue avec plein de petites boutiques, mais plus sympa qu’à Main Bazar : de la bouffe, des tissus, etc. Passage par une arrière boutique de pâtisserie ; l’homme qui s’occupe de la transaction nous brief : nous devons prétendre que nous sommes cousins, devant le propriétaire. Au final, nous n’aurons pas besoin d’évoquer ce petit mensonge. Nous partons dans une petite allée, avec garde à l’entrée (absent pour l’occasion), super petite endroit au calme, temple hindou à ma gauche… et appartement à ma droite ! Bâtiment en pleine rénovation – je ne savais pas que tant d’indiens pouvaient tenir dans une même zone -, qualité superbe, déjà en bonne voie et ça va franchement déchirer. Appart’ superbe, grand salon avec terrasse donnant sur le temple, zone pour la salle à manger, cuisine en U au fond avec fenêtre, deux grandes chambres dont une avec terrasse, toute nouvelle salle de bain avec toilettes européennes pour chaque chambre. Petit passage par le toit en terrasse : nous partagerons avec les locataires du premier étage cette zone qui sera le lieu de franchement bons moments !
On croise le propriétaire en redescendant, quelques instants. Retour à l’arrière boutique du magasin, en l’attendant, on nous précise que toute la transaction se fera entre les deux hommes présent, Magan, et le propriétaire. On les laisse faire, en même temps l’Hindi n’est pas notre fort. Le propriétaire me demande simplement ce que je vais étudier, car je vais être le responsable légal du logement. On les laisse faire, c’est réglé ; le propriétaire part, on nous offre un gâteau local, pas mal, avant de repartir. Passage par l’arrière boutique d’une autre pâtisserie pour conclure l’affaire : 5000 roupies d’avance pour le propriétaire, et les photocopies sont faites de nos passeports/visas et de nos lettres d’admission. En sortant, Magan nous indique que le propriétaire de cette dernière boutique est très riche et puissant dans cette rue. Remarque, il avait bien 15 employés présents dans cette petite boutique de 10 mètres sur 3…
Derniers échanges avec Magan : il va nous aider à trouver des systèmes d’air conditionné, installés ensuite par un ouvrier ; ainsi que des matelas, pour avoir de quoi tenir les premiers jours. S’il reste encore 5 à 7 jours de travaux, nous devrons pouvoir migrer rapidement : nos chambres et salles de bain seront prêtes plus tôt.
Ah oui, loyer mensuel : 12 000 roupies. 175 euros, soit moins de 90 euros par personne… Il faudra y ajouter tous les frais pour l’installation, l’achat des fournitures, internet, et surtout l’électricité qui peut parfois être un peu salée. Surtout avec l’air conditionné. Mais ça reste super.
Retour à la station de la fac en rickshaw avec David, pour se rendre compte que je serai à 10 minutes de mon lieu de cours de chaque jours. Super pratique. Et à côté de mon nouveau logement, plein de fast food, au cas où…
Avec David, on s’arrête à la station de Connaugh Place, Rajiv Chowk, pour prendre l’autre métro menant à Main Bazar. Trop d’attente, alors David propose d’y aller en tuk-tuk, à la surface. Étonnamment, nous galérons franchement pour en trouver un libre, et, manque de concurrence, il est difficile de marchander. Embouteillages monstres, du classique à Delhi, surtout vers ces 19h.
Le chauffeur ne nous laisse même pas à Main Bazar mais avant : les rues sont trop bouchées. On rejoint la rue à pied, David prend un autre rickshaw là où ils s’amassent, et rentre chez lui. Plus tard, au téléphone, il m’avouera qu’il aura mis près d’une heure, dans un trafic pas franchement excitant.
Sur mon retour, je redécouvre Main Bazar et réévalue sa longueur : maintenant que je ne me rue plus sur mon hôtel pour souffler, j’apprécie différemment les choses, y compris celles qui paraissaient les plus insupportables.
Dès mon arrivée à l’hôtel, je vois à l’accueil Céline et Bastien, les deux français croisés, sur le départ, il y a quelques jours. Petits échanges sur ma santé retrouvée et l’appartement (juste) trouvé ; eux me commentent leur escapade complètement tentante au nord. La conversation se continue autour d’un dîner, sur le toit.
Bref ! Je suis super content, et dans le rail d’une bonne vision, à l’idée de cet appartement franchement super. Et puis, l’enregistrement au FRRO sera sûrement réglé demain… Les choses se font : je m’installe !