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Dimanche 23 août : un week-end à Delhi

Fin d’un week-end passé à toute vitesse. Même si ces deux jours ont été plutôt calmes.

Samedi, levé tardif et essai avec Stéphanie de la cantine de mon college, version samedi. Beaucoup moins de monde mais toujours des prix défiant toute concurrence. Petit tour par les couloirs de l’institution ; un petit groupe répète une chorégraphie tandis qu’une salle de cours est conquise par une cinquantaine d’étudiants festoyant, nourriture à l’appui, probablement en l’honneur ce début d’année.

Alley

Retour séparé : je vais à Kamla Nagar Market, pour trouver un de mes manuels de cours. A ma surprise, je me retrouve dans un coin que je connais. Oui, car la rue du Mc Do de mon quartier est aussi une rue commerçante, débouchant sur une autre grande rue du même calibre. Je ne sais pas où sont les libraires ; le conducteur du rickshaw me dépose un peu trop loin, mais je me ballade. Des vendeurs de bouffe partout, normal, des magasins de fringue ; on trouve tout. Rejoignant la rue du fast-food américain, je découvre une série de magasins de grandes marques : Nike, Reebok, Benetton, etc. Et, enfin, quelques librairies. Puis, un paquet : c’est le coin. Des petits locaux, un comptoir à l’entrée où on demande ce qu’on cherche, avant qu’ils fouillent dans leur gigantesques étagères qui tapissent la salle (et leur possible grenier). Après deux tentatives infructueuses, un vieux gérant fait mon bonheur et trouve la fameux manuel Philosophy of Religion par John H. Hick. La couverture annonce que le petit prix (80 roupies) est parmi par le choix d’une édition “low price” de ce manuel nord-américain, uniquement pour les territoires de l’Inde et de ses voisins. Intéressante initiative.

Enfin bref, un peu à l’image de toute chose ici, trouver un bouquin semble tout d’abord mission impossible parmi le nombre de magasins, et à l’intérieur des librairies, parmi le nombre de bouquins, mais les indiens ont leur ordre à eux et ils trouvent toujours ce qu’on cherche. Super.

Retour, et tentative de travail sur le manuel. Manque de crayons de bois. Petit tour dans la rue, un des magasins d’en face fait mon bonheur. On trouve vraiment tout ce qu’on veut ici. J’ai à peine le temps de prendre des notes et de compléter mon cours que deux informaticiens arrivent pour installer notre connexion internet. 30 minutes avec ces pros qui récitent avec joie les séries de codes IP et autres, et le tour est joué pour deux connexions câblées. Seulement voilà : on avait payé pour une connexion wifi et ils nous indiquent qu’il n’auront pas de modem pour wifi avant 2 ou 4 semaines. Ça parait louche à Stéphanie, pas à moi. Et le lendemain, dimanche, notre propriétaire nous explique l’affaire : si nous avions avancé 300 ou 400 roupies, nous aurions eu le modem wifi le même jour. C’est ce qui lui est arrivé. Sinon, ces “gens du gouvernement” (dixit le proprio ; c’est une agence de télécommunication étatique) laissent couler l’affaire et rien ne se fait. Heureusement, notre propriétaire semble assez influent, et à la nouvelle venue de ces informaticiens, tout d’un coup promise pour dans quelques jours (après un coup de fil bien placé), nous n’aurons qu’à appeler Rahul, le proprio, pour qu’il nous règle l’affaire sans que l’on paie. Eh oui, car les frais payés par Stéphanie n’ont pas été officialisés par une facture. Rusé, l’informaticien.

Bref, le piège se referme et je passe la fin de ma journée et une grosse partie de ma nuit à consulter mes mails, mettre à jour le blog et surtout glander sur le net. Pas terrible.

Du coup, levé encore plus tardif aujourd’hui dimanche. Malgré le réveil causé par Dinesh, l’homme à tout faire, bourinant la porte juste pour me dire qu’il faudra que je pense à lui rendre l’oreiller qui appartient à son maître. Ou encore le jeune servant qui appuie par inadvertance sur notre sonnette, qui d’ailleurs un son d’oiseau totalement pas naturel.

Et rien de mieux, au levé, que de gober le reste de riz-oeuf-poulet commandé la veille. Ça fait l’affaire. Rapidement.

Après quelques heures de procrastination webienne, je me motive un peu à bosser. Au bout de quelques minutes, Dinesh revient et on en profite pour régler nos affaires. Je trouve dans un petit magasin de super draps et deux oreillers (1050 roupies, un peu plus de 15 euros pour un drap double uni, un drap double à motif, deux housses d’oreiller à motif et deux oreillers). Du beau tissu, en plus. Et puis, on continue de vider notre compte bancaire pour enfin payer les 20000 roupies escomptés pour l’air conditionné.

Retour à l’appart, et Internet continue de bouffer du temps. Ça nous ouvre l’appétit, et tentative de commande de bouffe à la sandwicherie Subway. Pratique, me direz-vous, mais en plus de l’incompréhension passagère au téléphone, notre localisation est un peu cachée et une fois sur deux le livreur ne trouve pas. ici, c’est après une bonne heure et à coup de plusieurs appels jusqu’au numéro du scooter-man que j’arrive à trouver ce dernier, près de l’horloge du coin, bien plus facile à repérer que notre petite entrée. Tant pis.

La soirée se passe calmement, informatiquement. Me vient l’idée de finir mon maigre boulot vers minuit. On s’en sort.

Ah oui. Pendant le dernier semestre, j’avais été en contact avec quelques étudiantes de la Catho qui étaient sur le point de passer un semestre à Truman State University, où je suis resté 5 mois, il y a un an. Premier retours, réactions et photos de celles-ci, via Facebook. Grosse émotion. Cette impression d’avoir vécu une période dorée, totalement insouciante et dans la réussite totale, ne m’a toujours pas quittée. Face à la normalité apparente de ma vie d’avant et d’après, ce semestre me parait encore comme trop beau pour avoir été vrai. Un peu comme un superbe rêve. C’était incroyable et superbe, aussi car c’était facile. Nous étions assistés, et la socialisation était facile. Chacun avait le même statut. Un an plus tard, c’est encore avec le prétexte des études que j’entame une (longue) période à l’étranger, mais c’est la version “adulte”. Ici, pas d’assistance, pas de campus-cocon. Il m’a fallu trouver ma place, un logement, des lieux pour manger, des personnes de référence. Le tout dans un pays à la culture incomparable, quand il y a un an, le passage de la France aux USA n’était qu’une “variation de thème“. Le changement d’un verre de couleur à autre, mais pas le changement de la monture des lunettes (dédicace à ma soeur Claire).

Je commence à m’y faire, ici. J’apprécie les particularités, et les petits trucs pratiques et agréables qu’on a pas en France. C’est au prix du bruit, de l’odeur intenable de certains coins de rue, et de la foule perpétuelle, mais quand on se trouve un petit coin au calme, ça se supporte bien plus. Bien sûr, les 3 semaines (déjà !) passées ici ne m’ont pas encore enlever cette impression d’étranger débarquant dans un autre monde… et les regards convergents dans la rue me le rappellent ! Mais je suis à l’aise dans mon appartement, dans mon quartier, et l’activité que j’aurai ici, et que je viens tout juste d’entamer, me convient. Restera donc, dans les mois à venir, à se construire une vraie vie sociale ici, ainsi qu’à vraiment se familiariser avec les lieux. Et puis, ce qu’on ne peut pas forcer mais qui va sûrement arriver : les vraies rencontres, les longs moments de partages malgré la barrière de la langue, et, finalement, la découverte d’une autre culture.

  • LL

    Et bien quelle conclusion *o*

    J’ai vu Hélène avant qu’elle ne parte pour Truman à Nantes elle a demandé de tes nouvelles^^

    Pour le reste, ton proprio fait un peu mafieux sur les bords et j’vois pas bien le rapport entre le gouvernement et le wifi mais bon…

    Petit à petit, l’oiseau fait son nid hein XD

    A très vite <3

    Bisous doux