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Real talk, yo

Salut Pimps and macs,

Je dois d’abord vous dire que je suis bien désolé pour ce silence d’un peu plus d’une semaine. Eh oui, ce qui devait arriver arrive : au début, on a les yeux grands ouverts, pleins de trucs se passent, on poste 3 pages par jour, et puis peu à peu le quotidien arrive et la langue se fait aride. Et curieusement, ce n’est pas comme aux US l’an passé, où je ne trouvais juste pas le temps de dire tout ce qui me passait par les yeux. Certes, je suis un peu occupé, mais je ressens moins le besoin de tout dire, de tout commenter. Parler et parler.

C’est encore plus vrai avec cette dernière semaine qui s’est avérée vachement calme.

Photo by Poi Photography

Lundi, c’était donc Dussehra, victoire symbolique du bien sur le mal dans la mythologie hindou. J’aurai bien voulu aller voir ces statues de 4 mètres de haut brulées à l’occasion de l’arrivée de la nuit, mais un sommeil d’une fébrilité rare suivie d’un jour cloué, littéralement, au lit, m’en ont empêché. C’est vrai partout mais on l’apprend bien en Inde : il ne faut pas forcer; quand il faut se reposer, il faut se reposer. Peu à peu je reprends de la pêche, mais les vertiges, mardi matin ne sont pas trop rassurants et me rappellent à l’ordre : deuxième jour au lit. Ça le fait.

Dernier jour de cours, pour la beauté du geste, mercredi. En fait, l’arrivée des vacances est un prétexte pour en faire moins, élèves comme professeurs. Nous sommes deux étudiants pour le premier et unique cours du jour. Tant mieux.

Et en fait, j’avais l’intention de régler tranquillement mes affaires pendant deux ou trois jours, avant de me payer une petite sortie hors Delhi avant mon retour en France.

Mais les vacances ont un rythme agréable : je prends goût à rester calmement à l’appartement, tourner à Delhi, lire un peu, répondre aux mails, régler quelques trucs officiels, ou se faire payer le diner chez Rahul. Gulshan trouve l’ambiance tranquille de l’appart’ idéale pour préparer ses exams; elle remplace Stéphanie, partie à Amritsar, ville des sikhs.

Photo by Pnp!

Depuis mon arrivée, j’ai croisé des étudiants étrangers à quelques reprises : petits diners, voyage à Rishikesh, soirée chez Omar. Pas trop, au final. La plupart d’entre-eux sont là dans le cadre de programmes d’échanges, certains au niveau bachelor, troisième année (licence), beaucoup d’autres en Master. En fait, il y a carrément une petite communauté, j’ai l’impression. C’est aussi sur Internet qu’on s’en rends compte : en quelques clics on passe de page facebook à blogs par dizaines… Mon petit diary n’a rien de bien original. Je ne connais pas vraiment beaucoup d’entre eux, et ne refuserais pas trop que ça soit le cas, mais d’un autre côté je remarque que certains ont tendance à rester entre étrangers et ne s’attaquent pas vraiment à la tâche, certes ardue, de casser la glace avec les indiens. C’est quelque chose que j’ai eu à faire sans en avoir le choix, vu que je suis venu seul et que mon college ne reçoit pas de programme d’échange. Seulement cet ami chinois en première année de Philo ou cette étudiante blanche, à ce qu’on dit russe et étudiant le Hindi. Un mal pour un bien, enfin, à peine, vu que tout a super bien roulé depuis le départ.

Enfin mon point n’est pas là. Il y a toujours la possibilité de trouver des étudiants étrangers avec qui barouder chaque weekend. C’est quelque chose que je n’ai pas trop fait encore : je suis pas mal occupé avec les études dans lesquels je m’implique par pur choix, et puis aussi par ma vie sociale ici qui commence à prendre de l’intensité et qui en devient autrement intéressante. Les étudiants de Master n’ont pas cours le vendredi ; les départs ont alors souvent lieu le jeudi soir, pour revenir le dimanche en fin d’après-midi. Autant dire des weekends bien chargés, dans des transports en communs rarement reposants, après des longues journées de trekkings ou autres… Mmmh, mais le peu que j’ai fait m’a beaucoup marqué, impressionné, plu. Voir les paysages, les villes, c’est juste overwhelming, ça vaut le coup. Alors voilà où j’en suis ces jours-ci : à me demander si je devrais me forcer à voyager un peu plus, à l’avenir. En même temps, j’ai devant moi 2 ou 3 ans dont plusieurs grandes vacances, quand la durée est de 8 mois pour la plupart des étudiants étrangers. Affaire à suivre.

Photo by since1968

Puisqu’on est dans les confessions, il y a autre chose sur lequel je me questionne depuis quelques jours. J’ai tenté d’apprendre gentiment l’Hindi avec mon chouette bouquin de la collection Assimil. Mais la première étape consiste dans l’apprentissage de l’alphabet hindi, composé d’une bonne quarantaine de signes différents, avec variantes, totalement nouveaux pour moi… Alors, j’ai beau couper des petits carrés de carnet de brouillon et de dessiner d’un côté le signe et de l’autre le son de la lettre, mais j’apprends pas vraiment vite. Enfin, pour le fun je peux vous écrire les voyelles hindi. Qui dit mieux ?

Le truc, c’est que je vois vite les limites de ne pas parler hindi. Dans un contexte d’expatriés, ou avec uniquement des étudiants, l’anglais passe très bien. Mais à plusieurs miles à la ronde de mon appart, seul mon proprio et quelques marchands ayant étudiés parlent (un peu) anglais. Tellement de relations, dans la vie de tous les jours, qui sont réduites au langage des signes. C’est pas que j’aimerais leur raconter ma vie, mais juste sortir quelques mots, jour après jour, aidant à créer des petites relations. C’est d’autant plus tentant que le paraverbal, jusqu’à présent, se passe très bien. Rares sont les sorties dehors où je ne croise pas les gens du quartier que je connais, ou pas, avec échanges de sincères sourires et geste de la main. Des petits moments simples et d’une beauté incomparable, qui seront encore plus riches dans quelques temps, j’espère, si je peux parler un peu.

J’ai appris récemment que dans le cadre de mon Master en Études Bouddhiques l’année prochaine, j’aurai à apprendre le Sanskrit et le Pâli (langue principale des premiers textes du Bouddhisme), deux langues mortes, le Sanskrit étant à l’hindi ce que le latin est au français… Autant dire que connaitre un peu de l’hindi sera appréciable avant d’arriver à cette étape.

Photo by Garion88

Mais d’ici là, il y a un an, un petit effort d’apprentissage avec le livre, j’espère, et surtout cette licence Français Langue Etrangère que je compte passer par correspondance, et dans le cadre de laquelle je vais avoir à prendre des cours d’hindi. Idéal.

Bref, je ne sais pas trop à quel point lire cet article aura été palpitant, mais le quotidien est plutôt calme par ici et je me rappelle juste que love is everything, et voilà, je me sentais comme te dire ce que j’ai sur le heart, tu vois, c’est du feeling, quoi.

Ah merde, encore oublié de faire les photos de l’appart’. En même temps, on se presse pas, vraiiiiiment pas à le meubler. Et puis, vous avez qu’à venir, si vous voulez le voir.

En attendant, je suis bien content de retrouver ma culture, ma famille et mes amis (peut-être ?) dans quelques jours. Vraiment ! Vraiment vraiment.

Bisous à tous, bande de choux.

  • LL

    Je ne te ferais pas l’affront de réclamer un tour par la région PACA mais je pleure bien de te rater –’

    Je monte sur Paris avec en ami en Décembre mais j’espère pas voir ta jolie petite gueule de blondinet bogosse !

    C’était prévu ta licence de langue oO ? Me rappelle pas que t’en ais parlé ! En tout cas, bon courage pour l’Hindi, le japonais me mettant à plat, je compatis !

    Love <3

  • Mrwak

    Très beau report, comme souvent, bonjour exclusif de Paris à quelques heures du départ : Je viens de transvaser une valise dans l’autre, je laisse quelques choses, et demain c’est le stress RER et la suite… Bon retour en France, parallélise moi ces deux expériences et reviens-nous en pleine forme ! Couche avec des femmes de peu de vie, mange du vrai chocolat et dépose tes souvenirs pour en ramener d’autres. Je t’aime