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Trois semaines plus tard…

Photo by SlamEye

Salut les intéressés de l’Inde.                                                  Et de moi.

Mes histoires, c’est un peu comme les fonds de nourriture indiens : ils y en a suffisamment pour tout le monde, mais simplement, c’est mal réparti. En temps de voyages, je peux pondre une page par jour, et de retour à la capitale, c’est à la sueur de ma prose que je m’efforce de trouver quelques trucs intéressants à conter. Le rythme de la publication hebdomadaire semblait la bonne solution, mais parfois, même à ce petit jeu je cale un peu. Désolé pour ça. Ajoutez à ça une connexion web capricieuse et vous voilà à fouiller d’autres blog pour nourrir votre appétit d’aventures fraiches. Et je vous comprends bien.

Jantar Mantar Observatory (Jaipur) – Photo by stephoto27

Il faut dire que je suis rentré les deux pieds en avant dans une période pas franchement excitante niveau découvertes à la samosa-temples-et-patois-hindique. Mois moins 3 avant les exams Fle au Laos, alors il faut lancer la machine à pleine vitesse. La première semaine d’étude aura été plutôt productive, en bouclant le tiers introductif de chacun des trois cours (Intro à la linguistique française, Intro à la didactique d’une langue étrangère, Initiation aux méthodes d’analyse littéraire et artistique). Je découvre avec pas mal de curiosité le boulot personnel, demandant une bonne rigueur au niveau du rythme, une sérieuse discipline, en particulier sur le sommeil. Mais sans tarder, ça paie, et puis la liberté qu’assure une organisation individuelle est appréciable. Le boulot des deux semaines suivantes a été moins efficace, peut-être parce que les parties étudiées demandaient plus d’attention (en particulier le commentaire composé). Peut-être aussi parce que les cours de Hindu College ont repris. Et pas de la meilleure des manières, vu que certains profs ne semblent pas décidés à ne pas nous faire perdre temps, entre une moitié des cours annulés et l’autre sans contenu innovant. Alors, je me demande si j’ai encore intérêt à gaspiller mon énergie quotidienne de cette façon. La bonne surprise aura été la proposition de Devasia : son cours de troisième année étant bouclé, il m’a convié à assister au cours de Elements of Indian Philosophy de première année. Une trentaine d’élèves, frais, disponibles, intéressés, modestes. Ça change. Et l’échange gagne en qualité : Devasia est plus détendu, lance des blagues, taquine les étudiants qui le prennent bien. Alors, en aparté, je ne peux m’empêcher de continuer avec lui cet éternel sujet de questionnement : comment comprendre le désintérêt chronique des étudiants de troisième année ?

Photo by SlamEye

Devasia toujours, qui m’a aussi invité à assister à une conférence, il y a une dizaine de jours de cela, tenue à la Arts Faculty de Delhi University, coeur des études de Master et Doctorats (où je ferrai mon Master Buddhist Studies), et par conséquent plus prestigieux des bâtiment du campus. Accueilli par le département de Philosophy, se tenait la 4ème édition des rencontres du IASR, Indian Association for the Study of Religions. En gros, un joli gratin académique de ce petit monde, enseignant aux quatre coins des grandes villes du pays. Sujet du jour : les liens entre moralité et religion. Les premières interventions sont de qualités et proposent un réel contenu nouveau. Je suis sous le charme d’un vieux professeur émérite, à la rhétorique enflammée et au storytelling passionnant, qui en vingt minutes top chrono prétend avoir montré scientifiquement l’unité de tous les éléments de notre monde. A sa gauche, l’organisateur prend quatre fois la parole dans la journée pour bien rappeler à tout le monde que le groupe n’a aucun moyen, et qu’ils ne peuvent rien faire sans un budget annuel de base, ne serait-ce que 50 000 roupies (750 euros). Alors, je réalise que même à ce niveau de professionnalisme, une organisation reconnue par l’UNESCO se bat en permanence pour quelques centaines d’euros. En Inde, s’il y a du business à se faire, ce n’est pas dans le monde académique

Chand Baori (Abhaneri) – Photo by Ben +_+

L’année avance au rythme des amitiés, ou l’inverse, alors le “plus que trois mois” a pris la place du “déjà cinq mois”. Il n’y a plus de temps à perdre : le nombre de soirées augmente et c’est tant mieux. Jeudi 21, c’était la pendaison de crémaillère du nouvel appartement du couple franco-hollandais Lauriane et Wouter. Les deux ont quitté leur résidence internationale au genre respectif à l’occasion de leur retour en Europe pour les fêtes de fin d’année. Je passe une bonne heure à discuter avec Freddy, finalement, après l’avoir croisé maintes fois ci et là, notamment aux soirées chez nous, sans réellement faire sa connaissance.. L’allemand de vingt-cinq ans, aux tresses gentiment roots, est quasiment bilingue en hindi. Il était déjà là, il y a cinq ans, pour six mois de voyage en solitaire à travers l’inde, de village en village. Le choc avait été fort à son arrivée à l’aéroport de Mumbai, quand il se rendit compte qu’il aurait bien faire de lire ne serait-ce que quelques pages d’un guide touristique au sujet de ce pays dont il ne connaissait que le nom. Quant à moi, j’en retiens, une nouvelle fois, l’intense désir de voyager seul, d’aller à la rencontre des habitants et des lieux, bien loin des monuments touristiques si scandaleusement vides de ce qui est vraiment la culturelle indienne. Je pense déjà à Bénarès, où j’espère trouver une atmosphère, une ambiance unique, déroutante, fascinante. A mon retour du petit tour en Asie du sud-est, probablement.

Jodhpur – Photo by SlamEye

Vendredi 22, le lendemain, ce sont les français Brunelle et Guillaume, ainsi que le british Ben et le hollandais Ward qui nous ont honoré de leur présence pour une petite soirée repas tibétain – movie. Hot Fuzz pour rire à l’anglaise ; bon moment.

La semaine du 25 janvier aura été marquée par un petit breakdown pour moi et Stéphanie, niveau santé. Changements de température, mais surtout problèmes de digestion, probablement après avoir consommé un plat pas trop frais. Jusqu’à aujourd’hui, le mystère reste intact sur la source de nos maux. Comme quoi, même après une demi-année, on n’est pas à l’abris d’une petite indigestion… tout comme pour les locaux, en fait. Si Stéphanie a tenté le coup, j’ai préféré décliner mon invitation pour la parade du Republic Day, mardi, qui se tenait dans la brume du centre de Delhi, près de l’arc de India Gate. Les médias français ont du en dire un mot, comme Le Monde (malheureusement plus disponible aux non-abonnés), qui se concentrait sur l‘aspect sécurité de l’événement. Angle journalistique pas ridicule, étant donné que même les téléphones portables et télécommandes de bagnoles étaient interdites dans la zone du défilé. Vous pouvez en voir quelques images sur le site officiel de l’événement, et bien à l’indienne : en hindi, en petite taille et en qualité pourrie.

Jag Mandir (Udaipur) – Photo by kdt

Autant de temps pour découvrir d’autres choses : en particulier le sublime à couper le souffle de The Fall, film fantastique sorti en 2008, réalisé par l’indien Tarsem Singh. Je l’avais gardé en mémoire pendant quelques mois, avant que François, encore et toujours, ne me rappelle l’extrême urgence qui concernait la découverte de cette pépite d’art cinématographique. Si j’en parle ici, ce n’est pas seulement parce que c’est l’un des meilleurs films que j’ai vus à ce jour, mais plutôt parce que plusieurs des lieux où a été tourné ce récit mythique sont des monuments, à juste titre prisés, du patrimoine architectural indien. Mis à part l’inévitable Taj Mahal, vous y retrouverez Fatehpur Sikri, visité en août dernier, ainis que, entre autres, la petite tournée de palaces et cités mogholes en tout genre qui parsèment cet article. La force de The Fall, c’est de redonner à tous ces lieux la grandeur de leur création, nous partager pendant quelques secondes la vision du génie créatif que demande la construction de ces bâtisses. Peut-être que cela est permis par une mise en scène où le groupe de héros, à l’instar des légendes de nos mythologies grecques et romaines, font face, seuls, loin de la surpopulation actuelle, à ces vestiges, uniques témoins de la prodigieuse réussite de quelques familles d’époques révolues. A suivre, les photos du tournage par un des superviseur multi-task du film.


Created with Admarket’s flickrSLiDR.

L’illumination esthétique, toujours, mais sinon la vie continue. Il y a une semaine, vendredi 19 janvier, est arrivée la famille de Stéphanie. La maman, l’oncle, son amie et un pote. Le groupe de cinquantenaires découvre l’Inde en deux semaines, avec un focus sur le Rajasthan sur dix jours. L’introduction delhite de deux jours, dans les quartiers agités de Old Delhi et Kamla Nagar, a intensifié le choc mais aussi le nombre de bonnes surprises. Et, peu à peu, malgré la température qui commence à remonter, c’est leur sang chaud d’origine italienne qui a pu prendre l’air frais (mais pollué) quand ils ont lâché prise pour s’adapter à ce truc incompréhensible, bordélique et éprouvant qu’on appelle Inde.

Photo by SlamEye

Cerise sur le gâteau hier avec l’arrivée de notre copine d’Afrique du Sud, Gulshan, après un mois au pays, et seulement une semaine après avoir décidé de son retour à Delhi. Elle va tenter le coup de coupler son Master en Sciences Politiques avec la rédaction de son mémoire de Master en Français Langue Étrangère, dans lequel elle va discuter des politiques post-colonialisme de l’hexagone par le biais de la promotion de notre jolie langue. Nous partagerons désormais notre appartement avec elle.

Petite surprise la semaine dernière, en me baladant dans le quartier voisin à la recherche d’un bouquin de philo, quand je suis tombé nez à nez avec Erick, médecin ayurvédique brésilien… rencontré six mois plus tôt dans mon petit hôtel du Pahar Ganj. Le bougre a eu le temps de rentrer au pays et revenir accompagné d’une petite troupe d’avant-gardiste du continent sud-américain, pour dévaliser cette pauvre petite librairie. Ils font parvenir leurs dizaines de kilos de livres et dictionnaires super-spécialisés par bateau ou avion, pour quelques centaines de dollars. La bonne affaire.

Umaid Bawan Palace (Jodhpur)

Enfin, j’ai peut-être finalement trouvé un cours de hindi, à valider dans le cadre de mon diplôme Français Langue Étrangère. Une jeune étudiante de Master, enseignant déjà l’anglais et le chinois, va animer notre formation, à raison de trois fois deux heures par semaine, dont la moitié en conversation et l’autre en plus avancé (écriture, lecture), pour moi et l’ami belge Thomas, car nous avons pas mal de temps pour ça. A côté, Gulshan, Stéphanie et Brunelle feront le plein de vocable avant la fin de l’aventure, qui arrive à grands pas. Mince alors.

La suite au prochain épisode !

Diwan-i-Khas (Fatehpur Sikri) – Photo by SlamEye

  • LL

    A tout rattrapé !!!

    Y avait de quoi faire mais j’avais plus le blog dans les favs et pas le réflexe intelligent de passer par fbk –’

    J’passe juste pour te dire…Merci pour les photos de l’appart intensément demandés xD

    La suite en mai <3

    Bises mon nounou !!

  • andrew

    how did you get so sexy?