Dimanche soir, on fait le deuil du weekend passé si vite, dans quelques heures un chinois ou une multinationale américaine sera sollicité pour nous livrer quelques condiments ; dans l’appartement certains se lèvent après avoir récupéré leur sommeil pendant la journée, quand d’autres la terminent. Contexte classique : il est temps d’écrire pour le blog.
Les semaines se passent en éclair et ne se ressemblent pas. S’il aura fallu près d’un mois pour lancer ce nouveau semestre, nous sommes désormais bel et bien dedans désormais.
Au rang des activités, je suis en premier lieu occupé par les cours de philo. Même s’il ne reste pas grand chose à voir pour boucler les programmes, les deux profs restant ne semblent pas tellement décidés à s’y mettre sérieusement. Pour le cours d’Esthétique, comme la progression est lente, j’ai le temps, à la maison, de lire et prendre des notes des textes étudiés. En Ethique, en revanche, je constitue une liste des extraits à lire, si j’ai le temps et l’intérêt, l’été prochain. Il faut faire des choix.
Pendant les heures matinales sans cours, j’ai pris l’habitude presque tous les jours de passer à la bibliothèque pour bosser mes manuels Fle. Cinq semaines après avoir commencé, les efforts paient vu que la première lecture / prise de notes de deux des trois enseignements est finie, et il reste environ 3 à 4 jours de travail pour le cours de Linguistique. Et puis, je suis arrivé à ce résultat avec, parmi ces cinq semaines, une bonne semaine et demi où je n’ai pas vraiment bosser le Fle. Bref, mon organisation a plutôt marché, et j’en suis pas mécontent. J’ai enfin réussi à faire marcher l’imprimante prêtée par Rahul, après quelques heures de batailles pour installer l’appareil. Mes notes de Fle imprimées, je vais pouvoir bosser les sujets, en vue des examens blancs à rendre par internet avant la mi-mars. Trois semaines qui vont être finalement plutôt chargées, alors je tenterai ma chance pour l’examen de Linguistique, avec ce que j’ai appris jusqu’à présent.

La formation des matras (voyelle associé à chaque consonne)
L’autre pendant de la formation Fle, c’est bien sûr l’expérience d’apprentissage d’une langue nouvelle. Dans le dernier article, je vous laissais tous sur votre fin en annonçant le cours trouvé, qui semblait convenir pour les modalités demandées. Eh bien, une semaine plus tard, ce sont déjà 8h de passées et ça se présente pas mal du tout. La prof, Simar, est jeune, agréable et dynamique, bien qu’il arrive qu’elle ne réponde pas vraiment à mes (nos) questions. Il aura fallu rediscuter, à la dernière séance, de nos attentes respectives afin de calmer l’insatisfaction de certains d’entre nous. Jusqu’à présent, nous apprenons quelques phrases de base, ainsi que les sons, et l’écriture du Dévanâgari pour moi et Thomas. Nous avons une séance hebdomadaire supplémentaire, tous les deux, le mercredi de 17h à 19h. Séance qui s’ajoute aux autres rendez-vous, aux mêmes heures les mardi et jeudi, pour former un rythme plutôt sérieux et demandeur. Après quelques heures, les premières automatismes arrivent et je suis bien content de lâcher quelques phrases (de niveau petite section, certes) au indiens croisés dans la rue, ceux qui avaient perdu l’espoir d’entendre un mot de hindi sortir un jour de ma bouche. Niveau financier, c’est plutôt bon aussi, vu qu’après avoir marchandé, nous sommes arrivés au tarif de 150 roupies par heure et par étudiant. Pour moi, 900 roupies par semaine, soit 13 euros, ce qui donne une formation de 25 heures (quatre semaines) à une soixantaine d’euros. Je pense continuer quelques semaines de plus, après mon quota de 25 heures. Tout l’enjeu, à côté du travail pour la formation Fle, est d’acquérir des bases solides pour pouvoir être un peu indépendant dans ma pratique, et progresser seul, mois après mois.

L’ami Ben
Wu, mon pote chinois, philosophe de première année, m’a convié aux festivités delhites du Nouvel An chinois, dimanche dernier. Sud de la capitale, même le paysage urbain est oublié au profit d’un début de campagne plutôt causy et aisé. Un très joli temple bouddhiste accueille l’événement, où vont se rassembler deux, trois cent convives dans la journée. Des officiels sud-asiatiques sont là pour faire joli et inaugurer une expo photo, avant d’assister patiemment aux spectacles de musique, chant et danse présentés sous un soleil intenable de début d’après-midi. Même le public y préfère les côtés de la scène, rares zones d’ombre de la propriété. Si je suis venu avec Wu, Faiz, autre étudiant de première année et Gulshan, nous avons retrouvé sur les lieux, par hasard, plusieurs de nos amis européens, peut-être parce que l’info de l’événement avait été particulièrement relayé à la résidence internationale des femmes, le « couvent » comme l’appellent Lauren, Claire, Amanda ou encore Marie qui y habitent.

Après le discours introductif et les prières en trois ou quatre langues, et avant le repas malaisien tant attendu, on s’essaie avec Ben avec un petit sport chinois, qui ressemble à un jeu de jongle en cercle (ce que l’on appelle « la Brésilienne »), sauf que cette fois-ci le ballon est remplacé par une sorte de volant, genre Badminton, mais un peu plus lourd. Ou alors, on s’imagine à parler le chinois, ou plutôt l’écriture, avec un petit atelier préparé pour l’occasion. Histoire de remarquer la qualité assez exceptionnelle de ces stylos lambdas qu’utilisent les sinophones.

Photo by un pote doué de Wu
Album photo « Chinese New Year »


Kavish, Freddy, Thomas, Ben
J’ai eu l’occasion, cette semaine, de bouger ma graisse (allégée, certes) sur un terrain de sport… pour la deuxième fois depuis mon arrivée, il y a sept mois de cela. C’était le tournoi de la résidence étudiante internationale des hommes, organisé par mon pote mauricien Kavish. Les africains et indiens (90% des joueurs) ne sont pas réputés pour leur ponctualité, nous avons pu le vérifier. La rencontre sportive se prolonge et assure au final un weekend bien fatiguant.

Enfin, surtout pour notre équipe de pieds nickelés européens, car alors que, à juste titre, on ne faisait pas forte mine, nous sommes devenu les mascottes du tournoi à force de gravir les échelons. Notamment grâce à mes coups de grâces, en transformant par exemple un contre de dégagement de gardien en un but de l’intérieur de la cuisse gauche. Mais malgré mon nouveau surnom de Jesus Christ (l’homme qui fait des miracles), on revient à la dure réalité en perdant en demi-finale contre l’équipe d’africains, qui battront en finale l’autre équipe de la résidence. Tout est en règle.
Photos by my man Thomas
A côté de ces exploits académiques et sportifs, restent en arrière-plan de mon petit quotidien toutes ces réflexions sur ce que je vois, ce que je vis, ce que je comprends, ce que je ressens, mois après mois. Les premiers petit raz-le-bol ont pointé leur nez, pour quelques heures au plus, souvent contrebalancés par des bonnes surprises au coin du quartier, par un gamin des rues ou un marchand souriant. Et puis, j’attends de ma compréhension à venir du Hindi un réveil dans mon intérêt, en pouvant enfin découvrir le contenu des nombreuses discutes qui animent l’intense vie sociale de chaque indien.
Le weekend prochain, je pars me les cailler visiter Dharamsala, refuge des tibétains en exil, avec quelques potes indiens de Hindu College. J’essaierai de trouver un peu de temps avant la mi-mars pour vous raconter un peu cette première sortie de la capitale, depuis les fêtes de fin d’année torse nu.
J’attends de vos nouvelles ! Merci encore de suivre mon aventure.
Samuel