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Cliché : Fausse intimité

Madurai, Tamil Nadu, Décembre 2010.

L’hiver à l’indienne. Alors qu’à Delhi, les sans-abris meurent sous leurs couvertures, au Sud, jamais le climat ne s’autorise un brin de fraicheur. 26 décembre, nous terminons notre après-midi de visite dans la “ville des temples”, Madurai, et croisons la rivière Vaigai.

Nandini et Rachna sont devant. Arrière du peloton avec Félix, regard sur la gauche et réflexe simultané des deux jeunes photographes : cadeau du ciel. Comment rater un cliché présentant un tel sujet. Florian avait raison, ce qui importe, avant tout, c’est qu’il se passe quelque chose d’intéressant devant l’objectif.

Beaucoup l’ont remarqué : j’aime les teintes chaudes. Félix, lui, garde un rendu plus proche du naturel, plus proche de ce que nous avions vu, en ce début de soirée de fin décembre. La lumière. Très rarement, peut-être jamais, vous n’avez vu sur mes portraits et paysages ce que j’avais observé de mes propres yeux. La chaleur de la lumière apporte un élément que l’objet photographié, aussi fort qu’il puisse être, ne peut exprimer. Je trafique l’image pour vous partager, d’une manière artificielle, une impression bel et bien réelle, ressentie. La chaleur, l’impression d’être en permanence encerclé, l’absence de vide, ou, retranscrit sur l’image, l’absence de blanc. On joue bien avec les mots, alors, pourquoi pas avec les images…

Félix avait réussi à photographier l’homme dans une posture intéressante, très expressive, presque symbolique : les deux bras pendants, parallèles au corps, trop durs à lever, comme si l’homme était lourd d’un sentiment de culpabilité, possible raison de son ablution dans cette rivière. Mais non, à cet instant l’homme a déjà plongé et ce sont justement les gouttes, qu’il laisse tomber de ses bras, faciles métaphores des errements qu’on lui attribue, par imagination, ou par indiscrétion.

L’eau est sale, l’odeur est forte mais l’honneur est sauf. Réflexe de millions d’indiens : une baignade dans l’un des cours d’eau, forcément sacrés, et tout est réglé. Nous repartons, il se retourne et se souvient alors d’une autre spécificité de son pays : en Inde, rien n’est jamais privé. Mais peut-être le savait-il depuis le départ.

  • cyril

     Très jolis clichés. C’est vraiment de l’excellent boulot. Quels logiciels utilises-tu ?

  • Anonyme

    Merci beaucoup ! J’utilise le logiciel de Nikon, “View NX 2″, pour le traitement des fichiers RAW (photos non compressés). Pour ma part, je travaille essentiellement la balance des blancs : ces fameuses “teintes chaudes” que j’apprécie. Ensuite, je convertis en jpg et passe sur Adobe Photoshop Lightroom pour recadrage, orientation et éventuellement quelques touches sur la luminosité, le contraste, etc.