Une semaine bien tranquille vient de se dérouler. En recommencant à dormir, tout devient plus appréciable. Bon, je l’ai fait un peu à la manière forte : nuits de 20h à 6h du mat ou 17h à 4h30… « A l’ancienne« , comme on dit par chez moi, mais au moins on est samedi aprèm’ et ça fait quelques heures que je suis levé. Ce qui est, en soi, rare.
Vendredi dernier (il y a une semaine), on a enfin célébré l’arrivée dans notre demeure (3 mois après avoir emménagé…) : pendaison de crémaillère ou house warming en anglais. Vous l’avez compris : surtout une occasion de plus pour se retrouver entre amis polyglottes. Une trentaine de convives ont répondu présents, dont une bonne partie qu’on ne connaissait pas : tout le monde a décidé de faire connaitre ses amis. C’est aussi bien.
L’occasion de vous montrer quelques photos de l’appart’ ! Et du toit, qui a été grandement apprécié par les amis. Ma chambre, ça sera pour plus tard, peut-être quand notre hypothétique future nouvelle femme de ménage m’aura débarrassé du tas de fringues sales qui traine, qui trône près du bureau.
Nouveau cours annulé, quelques minutes devant moi pour écrire un petit billet. Posté dans la bibliothèque, mobilier ancien, toiles d’araignées, rayons de couvertures rougeâtres, genre manuel scolaire 3ème République.
Ce n’est qu’un au revoir
Après deux mois de (à peu près) loyaux services, premier adieu : notre maid a décidé de tracer sa route samedi dernier, sur ce qui ressemble à un coup de tête. En fait, le prétexte aura été une fausse incompréhension au sujet de la paie mensuelle (Stéphanie lui avait donné 1000 roupies, 700 pour le mois passé, 300 en avance pour le mois suivant, et un mois plus tard elle nie et déclare n’avoir reçu que 500 rs), mais j’imagine qu’elle avait des raisons plus pertinentes. Peut-être l’horaire de sa prestation quotidienne, que nous avions modifié plusieurs fois, et qui la faisait revenir dans le quartier en fin d’après-midi, quand l’essentiel de son travail était fini au midi. Ou alors nos absences plus ou moins chroniques, la faisant venir certains jours pour rien. Ou encore les petites remontrances de Stéphanie au sujet du nettoyage des sols ou des fringues, pas franchement convaincant.
En rentrant de Pushkar, lundi à l’aube, mon impression est particulière. Retour à notre quotidien delhite. Le quartier, surtout dans cette ambiance matinale, est toujours un peu pittoresque à mon regard d’éternel étranger, mais je m’y suis fait et j’y trouve même un certain confort. Quelques heures plus tard, après avoir passé l’essentiel de la journée à rattraper mon sommeil, je cogite et réalise que probablement pour la première fois de ma vie, je suis dans une situation qui me va à tel point que je n’ai plus besoin de me projeter, d’avoir un but, une échéance en tête. Il a toujours été mon fonctionnement que d’être pressé de voir tel événement, tel changement de situation, de contexte changer, mais maintenant j’ai tout ce qu’il me faut et ne veut rien, si ce n’est continuer ce quotidien à l’équilibre précis.
Je vous écris un petit mot depuis la bibliothèque de mon college, où je suis pour la première fois, pendant le cours d’Ethics que je gratte pour prétexte du cours de Prashant, finalement annulé.
Bref. Demain aprèm’, je pars avec un paquet de potes étrangers à Pushkar, pour une foire de chameau. Mon rêve. Donc pas de nouvelles de moi pendant quelques jours. J’anticipe.
La vie suit son cours ici. Début de semaine un peu difficile pour moi et pas mal de monde par ici (en particulier les étrangers) : il commence à faire plus frais, peu à peu, en particulier la nuit, amenant une petite épidémie de rhume. J’en suis victime le temps de quelques jours : toux, nez au trafic semblable aux rues de Delhi et petits problèmes de respiration. Mais bon, le Symbicort est révolutionnaire et au bout de quelques dizaines d’heures on se sent déjà mieux.
La première semaine de ma vie désormais Indienne aura été de sacrément bonne augure. Le week-end qui arrive le fait à pic car j’ai complètement besoin de repos et de régler quelques affaires.
Mon Papa me harcèle par mail pour que je parle plus de mes cours, alors quitte à scribir, autant que tout le monde en profite. Car il se passe des trucs intéressants et significatifs.
Ce lundi marquait donc le retour des vacances et la fin de la saison des festivals. Reprise tranquille, vu que le premier jour de cette semaine est une restricted holiday, genre jour férié que pour ceux qui le veulent. College complètement vidé de ses élèves ; de nos cinq heures de cours prévues, seul le bon vieux Devasia pointe au boulot. Comme il l’avait fait, le précédent vendredi, autre jour férié. Mardi, on retrouve un rythme un peu plus respectable, mais entre assiduité douteuse des profs et faiblesses pédagogiques, les cours de Devasia deviennent peu à peu la seule explication sensée pour motiver ma venue quotidienne au Hindu College. C’était le cas déjà par le passé, mais cette semaine, les jours de cours ont simplement été tronqués genre machette congolaise. Les profs ne se soucient même plus d’avancer des explications, des excuses. Non, on s’en remet à la bonne surprise systématique pour l’étudiant de voir sa journée finie plus tôt.
Sumit nous a refait un topo entendu 5 foisdéjà sur Wittgenstein, tout le long de la semaine. Le texte à l’ampleur phénoménale de trois pages, nous l’avons entamé avant les vacances, et il a répété, séance après séance, le même résumé de notions, d’ailleurs pas franchement compliquées. Parfois, ça se tient, vu que l’auditoire du jour a loupé la représentation de la veille, mais le reste du temps c’est juste gratuit. Et puis, quand aujourd’hui il s’attaque à la lecture pour enfin pouvoir passer à autre chose, j’entame le débat et doute un peu de ce que je fais, coincé que je suis entre l’incompréhension chronique du prof et l’irritation tout aussi chronique de mon camarade Omar : tout le monde est content si on passe à autre chose. Bon.
Prashant ne fait pas vraiment mieux. Son appendice au cours de Philo de la Religion est toujours autant anecdotique et en répétition avec la partie (bien plus épaisse) de Devasia. Et puis son ton endormi et sa méthodologie laissent rêveurs. Littéralement, à en croire la cyphose thoracique que je devine chez certains qui passent leurs séances avachis sur le repose poignet. Alors, il se plaint qu’on ne participe pas, demande que nous lisions pour enrichir notre curiosité, avant de remarquer qu’il ne nous donne aucun texte. Et puis, il répète plusieurs fois par semaine que de toute façon sa partie du programme est presque finie, qu’on a du temps devant nous. Hop, bon on a compris, on vient de gagner 2 heures.
Vu l’âge et la présence de Rekha Basu, on pourrait espérer des cours d’éthique un peu plus de sérieux. Elle donne quand même un paquet de textes, ce qui a expliqué la couleur kantienne qu’ont prise mes dernières vacances. En cours, ça va du pas mal au pas terrible, exemple cette semaine. Partie « pratique » après un chapitre théorique : la peine capitale. Rekha lit ses papiers bristols format A6 ; elle enchaîne les arguments sans progression logique, comme en cours de Philo niveau terminale. C’est là que je me rends compte que j’attends dorénavant un retour assez sérieux aux textes, plutôt que des résumés de notions. Une méthodologie qu’on retrouve davantage en 3ème année de Philo, puis en Master, que dans les années précédentes. Le problème avec Basu aussi, c’est qu’elle s’implique trop dans les positions évoquées. Quand on parle de la défense de la peine capitale, chaque élément de réflexion est présenté comme évidemment vrai, et plus tard la confrontation à la thèse adverse, aussi présentée comme irrévocable, est bien stérile. Alors, on finit quand même par débattre (c’est l’intérêt du caractère pratique du sujet), mais on assiste plus à un déblatage de positions a priori qu’à un échange réellement philosophique. C’est pas grave, ça occupe, mais ça pourrait juste être plus intéressant.
Et Devasia dans tout ça. C’est pas qu’il est toujours ponctuel à ses cours de 8h50, mais il est le seul à rappeler un peu ce qu’on peut attendre d’un élève. Bon, il va peut-être trop loin, au point de nous réserver une bonne dizaine de minutes par séance pour la leçon du jour, mais au moins il dit quelque chose quand d’autres profs laissent certains pieuter sans sourcilier. Niveau contenu, il a voulu cette semaine avancer le chapitre consacré au langage religieux, orienté sur Wittgenstein, encore une fois. Introduction d’une séance avec le manuel généraliste de Hick, puis lecture commentée de notes d’élèves de Wittgenstein sur le sujet, avant de passer en revue un autre texte résumant les positions du philosophe sur le thème. Méthodologie classique mais performante : au moins on avance, on apprend quelque chose. Ce matin, nouveau petit événement significatif. Presque tout le monde est là, pour une fois, mais une semaine après le début de l’étude, la plupart des étudiants n’ont toujours pas fait de photocopies du texte originellement transmis à Sachin. C’est un peu de ma faute vu que j’ai gardé l’original en oubliant d’en faire des doubles, mais même si je m’en excuse, Devasia lance sa machine à discours et blâme mes camarades, jugés non assidus, sans motivation, gaspillant les impôts qui financent cette institution gouvernementale. Le propos n’est pas totalement faux, mais à mon avis il va trop loin dans le réquisitoire. C’est encore plus vrai avec le contraste qu’il créé depuis quelques semaines à mon sujet, en me présentant comme le seul élève intéressé, participant, préparant les cours, et qu’il renforce aujourd’hui, en déclamant sa flamme : je suis la raison pour laquelle il vient en cours. Mot pour mot. Je suis autant surpris que mes camarades, qui en aparté m’expliquent qu’avant ma venue Devasia ne les détestait pas tant…
Quand je parle de tout ça à mes camarades, ils gueulent un peu car je me plains qu’on n’ait pas plus de boulot, mais concèdent que ce manque d’assiduité et de sérieux des profs même ne présage pas un système qui au final marchera. Mais ils sont indiens : ils savent qu’on ne peut pas y faire grand chose.
En attendant, il n’y a pas que les cours dans la vie, et la semaine a aussi été marquée par des petits événements marrants.
Lundi 19 octobre
Les choses bougent un peu, finalement, pour Internet. Les deux agents de la compagnie de télécom MTNL sont de retour pour enfin installer le matériel wifi promis il y a 2 mois. Les types ont le sourire et le rire faciles, et ils parlent anglais, ça se refuse pas. L’installation est rapide, le système fonctionne. Arrive ce qui devait arriver : ils demandent l’addition : 800 roupies. Souci : on a déjà payé il y a 2 mois, pour le modem filaire, qui devait simplement être remplacé. La mauvaise foi est de mise. Pas facile de tenir, j’appelle au renfort Rahul qui leur sort deux mots par téléphone. Vu que j’ai loupé le tout début des opérations avec eux, avant qu’ils ne viennent la première fois, je ne suis pas sûr de ce que j’avance, et ça aide pas pour être convaincant. De plus Stéphanie a eu la bonne idée de perdre le papier de brouillon qui faisait preuve, à ce qui parait, de notre contrat lancé. Tentative de corruption flagrante des deux employés du gouvernement, et, bien entraînés, ils sont capables sans problème d’attendre patiemment, assis sur les canapés marrons, que l’utilisateur se sente suffisamment mal à l’aise pour céder. Mais je suis déterminé, et après une bonne demi-heure de discute et surtout de silences, ils partent. Avant ça, suivant le conseil de Rahul, je leur lâche 100 roupies, pour la simple raison qu’ils sont venus à plusieurs reprises la semaine dernière, quand il n’y avait personne. Mais j’aurais pu ne rien leur donner, vu qu’on a attendu deux mois avant cela. Évidemment, je donne 100, ils demandent 200, je refuse donc ils partent en faisant un peu la gueule.
Dur moment, enfin, dur à gérer, car niveau éthique il n’y a pas grand chose à faire : le système est ainsi, ici. Reste donc à mettre de côté son idéal d’européen et de se contenter de sauver la baraque quand cela arrive : ne pas se faire avoir, sans pour autant dégénérer et d’ailleurs leur faciliter la tâche. Le genre de truc pénible qu’on trouve ici.
Mardi 20, Mercredi 21 octobre
Deux soirées anniversaire back to back. Mardi, ce sont les 21 ans de Clara qu’on célèbre. Elle étudie en Master Droit si je ne m’abuse, et est à la même fac que Stéphanie en France, à Lyon. Soirée franco-française mais pas que : quelques étrangers et indiens sont présents. En tout cas, on échange quelques mots avec les cinq étudiants ingénieurs en échange dans le polytechnique indien, au sud de Delhi. Le public étudiant indien qui y est inscrit semble être assez différent du monde qu’on croise à Delhi University. Par exemple, mes compatriotes m’expliquent avoir assez de mal à nouer des relations avec les étudiants locaux, et que leur discours parfois prétentieux n’aide pas trop. Des choses que je ne vois pas du côté de Hindu College.
Mercredi, c’est au tour de Brunelle, autre étudiante française, et c’est Gulshan, la sud-africaine, qui régale et accueille la soirée. En même temps, c’est l’anniversaire du copain de sa colocataire indienne, donc on fait d’une pierre deux coupes de vodka-mixed fruits. Les indiens s’amusent et jouent à se décorer le visage de gâteau au chocolat, c’est rigolo mais ça salit la jolie chemise rose.
On bouge vers 00h30 pour ce qui était le programme de la soirée : aller décharger notre énergie pimentée sur les dancefloors de la capitale. Nouvelle expérience du contraste : les enfants dorment sur les trottoirs des palaces 5 étoiles où sont cachées les boites à la mode. Histoire de rentabiliser le voyage, c’est n’est pas une, ni deux, mais trois fois qu’on se fait refouler : Guillaume et notre ami californien ont un certain goût vestimentaire douteux et apprécient le short-sandale en soirée. Bon, tant pis, on observe assez impressionnés la jet-set locale, avec ses caisses tunées et femmes à lunettes de soleil (en pleine nuit).
Jeudi 22 octobre
Après les cours matinaux tronqués, Omar me lance une idée saugrenue mais sympathique : m’accueillir pour la nuit pour qu’on puisse aller voir Akshay, mon pote de classe, qui joue ce soir au Mocha Bar avec son groupe Zinc. Super, petit passage par l’appart’ pour prendre mes affaires, retour au college pour 13h et le trajet nord-sud de Delhi, avec son frère jumeau et sa douce. Arrivés chez lui, on se pose dans la chambre propre et équipée de son frère, juste avant que le cuisinier nous apporte un plateau de bouffe trop bonne, commandée par Omar 10 minutes plus tôt. En fait, son père est dans le gouvernement, genre dans un cabinet de ministre, genre complètement influent. D’où la demeure gigantesque qui avait servi de lieu de sauterie il y a 4 semaines (rappelez-vous), la dizaine d’employés, les chats, chiens, oiseaux collectionnés, le garde armé, tout ça. D’où aussi le train de vie privilégié mais barbant de la fratrie : Omar me montre par l’exemple ce qui semble être son quotidien. Rentré des cours en début d’après-midi, il comate devant les chaînes américaines du câble, joue à la console ou au poker, avec la troupe de potes qui trouvent ici le squat idéal, et en fumant quelques joins sans que les parents l’apprennent. En même temps, il n’y a pas trop de risque : Omar m’explique que ceux-ci ne viennent jamais au 2ème étage, réservé aux garçons, et qu’ils communiquent à travers les étages… par le biais de leur téléphone portable. Maman fait aussi de la politique ; les parents ne sont pas bien souvent là. Tout ce petit monde explique peut-être le don de nonchalance qu’Omar affiche à chaque instant, couplé à un comportement quand même bien grincheux. Je me paie 3h de sieste méritées. Lever 20h30, j’honore le trône de ma présence en rigolant avec les chats qui sont enfermés dans la salle de bain.
On part en début de soirée pour rejoindre Nehru Place, là où j’avais acheté mon disque dur, cette fois-ci en mode nuit : pas grand monde, des sans-abris qui restent, une petite fille qui me tapote le bras une bonne vingtaine de fois pour me soutirer quelques roupies, un petit coin actif avec le mac do et l’unique bar du lieu. Ambiance sympa, genre jeunesse delhite cool, relax, mais pas luxuriante comme dans les palaces de la veille. Akshay (à la guitare électrique) et son groupe Zinc assurent comme des dingues, je suis impressionnés et apprécie le moment. Le panini est un peu cher mais super yummy aussi donc la soirée est franchement cool.
A la maison, Omar retourne à son comatage télévisé. Je ne tarde pas trop à dormir, lui reste dans la chambre de son frère en attendant celui-ci et ses potes pour passer un moment ensemble.
Quand je me réveille à 8h, il y a un survivant qui gesticule doucement ses cernes en direction de l’écran qui supporte son jeu de tir subjectif PS3. Le reste dort à l’arrache, habillé, dans les draps ou sur des poufs. On arrive enfin à se motiver, les convives rentrent chez eux, moi et les jumeaux tentons de rester éveillés, ou pas, dans la voiture, direction North Campus. La dure vie d’un étudiant à Delhi.
C’est bien connu : il vaut mieux tourner sa langue 7 fois avant de parler. Mais hier soir, quelques minutes après avoir publié l’article, Rahul est passé chez moi pour parler de son voyage en Europe qui arrive très bientôt (mardi prochain), avant de m’inviter faire un petit tour dans la cour pour brûler quelques pétards devant les bons excités de son fils. Passage aussi par son magasin pour la prière du soir.
Ou happy diwali. Les deux mots à savoir dire aujourd’hui. C’est le service d’immigration de l’aéroport, ce matin, qui m’a rappelé l’événement du jour, diwali, fête de la lumière et accessoirement dernier jour de l’année hindoue. Probablement le jour le plus important de l’année. Diwali marque aussi le 20ème jour après Dussehra, dont je vous avais dit deux mots l’autre fois. Dans la tradition, il est encore question de Rama et de ses aventures, donc.
Les rues sont remplies, encore plus de petits stands qu’à l’habitude, les trottoirs sont bondés.
Mais après 15 heures de voyage depuis Paris, c’est à mon lit que j’ai consacré l’essentiel de mon aprèm. Petite sortie pour le diner du soir, j’en profite pour faire tourner quelques clichés.
Le temple de ma cour décoré pour l'occasion
Rahul a sorti l'habit des grandes occasions pour son magasin
En attendant le chicken rice...
Dosa, making of
Trafic classique
Le côté de la rue où j'habite, jour de fête
Une nouvelle fois, mes excuses pour la qualité douteuse de ces photos. En revanche, ça marque un petit début vu que j’ai osé affronter mes réticences pour l’utilisation de l’appareil dans la rue. Beaucoup de monde, beaucoup de signes religieux, et puis aussi ce simple matériel qui représente pour certaines personnes croisées des mois de salaire… Mais au final il n’y a pas eu de souci, et ce sont même parfois certains indiens qui demandent à être photographiés. En tout cas, je voulais vous partager cela.
Diwali, fête de la lumière donc, d’où les nombreux pétards et petits feux d’artifice lancés aujourd’hui. On en entend depuis quelques semaines mais aujourd’hui est le vrai paroxysme du mouvement. Bon, quelques sons et lumières, c’est sympa, mais la plupart des pétards font de vrais bruits de bombe genre Bagdad, pas vraiment effrayants mais juste douloureux pour l’ouïe, à force. Il faut faire des concessions, en Inde…
Il est assez tôt mais le jour de voyage et sa veille totalement hectic à la Tsugi Party 3me laissent un peu fatigués : j’ai encore besoin d’un peu de repos… si les pétarades m’en laissent le luxe. En attendant, happy diwali!
Coup de sifflet, le train La roche sur yon – Nantes est sur le point de partir. L’occasion d’essayer le petit netbook que je viens d’acquérir et qui deviendra mon camarade d’écriture en mouvement.
Plus que trois nuits pour cette parenthèse française à la phrase indienne.
J’espérais faire la nique à mon retour des USA, trouver en moi l’authenticité d’une présence, de moments simples et agréables avec mes proches, mes amis. Ça commençait on ne peut guère mieux : 6 amis vus en 7h vendredi après-midi, et pas des moindres. Super moments avec vous : merci Julie, Christophe, Félix, Elsa, JP et Ludo !
Le bonheur continue vendredi soir : retrouvailles avec la famille; je suis content autant qu’eux. Et je me sens plus serein qu’à mon départ, je reste calme, observe et retrouve les habitudes, les attitudes de ma culture et ne m’emballe pas.
Samedi, le mariage de ma sœur Claire (tous les vœux !) est tenu de main de maître : séance photo le matin, je m’éclate sur le Nikon D-90, léger repas entre-deux, mairie, petite signature, cérémonie religieuse, retour à la salle du repas, photo de groupe, cocktail, dîner, soirée dansante. Pendant tout ce temps, les embrassades et discussions fusent : l’Inde parle à tout le monde. Je réalise le statut unique de cette culture, de ce pays : celle de l’altérité ultime, de la vraie différence qui attire, qui enivre. Je lance les invitations presque à l’aveugle : je veux voir ces proches, ces amis, essayer, expérimenter, expériencer l’Inde. C’est ça surtout, l’Inde : une attitude, une réponse, une réalisation. Je veux voir ces cousins, ces oncles, ces neveux se balader, se perdre, être effrayés par le bazar ambiant avant de retrouver une vraie, une profonde sérénité. La permanence dans le mouvement, c’est cela que révèle l’Inde.
Un mariage sans beaufs arrosés à l’aube n’est pas un vrai mariage, et cette fois-ci Baptiste, prochain promis à la famille, nous réserve ses talents impressionnants d’imitation de l’accent vendéen. Et puis, ce sublime mot :
(Discussion de bourrés de philosophie politique pendant une demi-heure)
- Pierre : gna gna gna gna… anarchie.
- Thierry : Bon on va la faire à la Indianasam : Si tu ne veux pas de gouvernement, qu’est-ce que tu veux ?
- Pierre : Heu… du feu.
Et puis, le brunch mythique du lendemain : les efforts des mariés ont payés, je me rue sur lespiémontaises d’Intermarché. Comme d’ailleurs tout chose mangeable que je trouve pendant cette semaine : c’est pas que la bouffe indienne est mauvaise, mais là je peux me lâcher sans craindre de cracher du feu après chaque bouchée.
Le retour à la maison respecte le calme de l’ensemble, et les quelques pleurs de Baptiste (l’autre, le filleul) nous troublent presque pas. Il part d’ailleurs avec sa maman le lendemain après-midi, me laissant tête à tête avec mes ailleuls, mes parents, mes darons quoi.
Et là, les heures produisent leur fruit. Et pas les plus mûrs. C’est en discutant avec la famille, en me promenant dans cette petite ville gelée, en croisant mes compatriotes dans la rue, mais surtout en me voyant redevenir nerveux, cynique, mesquin que je réalise que la France n’est pas le meilleur des remèdes pour moi. Il allait de soi depuis mon départ que je ne saurais pas du tout ce que je foutrais à rester plus d’une semaine ici ; maintenant j’en suis à me dire que je suis bien content de repartir dans 3 jours.
Qu’est-ce qui cloche ? Je me le demande. Je vois cet univers propre, technique, fait d’acier et de béton, assisté, facile. Ici, on a tout. Les hôpitaux, les transports en commun, la bouffe propre, la politique pas (trop) corrompue. Mais je suis dans le train et le roi du silence n’est plus un jeu de gamins. Ici, on se cache, on se fait petit, on craint l’autre, le moindre regard sera mal perçu, c’est sûr. Et puis, ennuyé dans notre confort, il faut bien s’occuper, alors on parle, on papote, on jacasse. Tout fait l’affaire, en fait, plus on parle mieux c’est. La tante et sa moustache, ça marche pour un petit mot d’esprit, ou alors cette grand-mère aux talons un peu trop haut au goût du padre, qui a la malchance de tracer son chemin quand notre voiture passe. Et puis ces jeunes fous qui zigzaguent avec leur voitures tunées sur les voies rapides reliant Cholet aux Essarts. Les coquins, les dangereux, les insouciants.
Ce qui me questionne, c’est la tendance apparemment inévitable du tiers-monde à rejoindre ce monde occidental. Mes camarades de classe, représentants de cette population éduquée, serait les premiers à le chercher, à le prêcher. Et à juste titre, dans la mesure qu’on parle du sanitaire, du soutien social, de l’accès aux soins, de la propreté des rues. Le problème, c’est que j’ai le pressentiment que tout vient ensemble, que nos belles valeurs d’égalité, de justice, de liberté qui sont à la base de notre monde, impliquent aussi une société de lettrés, migrant de l’ignorance de l’autre à la com-préhension de celui-ci. La préhension de l’autre, donc, l’autre devient atteignable, il est limitable, on le distingue du reste, on l’observe, on le scrute comme le contenu d’une éprouvette graduée. L’autre passe entre nos mains, on le manipule à coups de jugements, de valeurs, de références, de cases où il doit rentrer. Chez ces indiens de la rue, il y a la barrière de la culture, l’impossibilité d’une telle entreprise, certes, mais il reste le point commun, absolument universel, de l’ouverture, de la curiosité, de la simplicité, d’une réponse naturelle de sourire à sourire.
Et moi là-dedans. Eh bien, nouveau moment en France et nouvelle fois que je me dis : je ne peux pas rester là. Ça cloche, ça coince. Ça ne fait pas l’ombre d’un doute : je n’ai rien à faire ici. Et je ne crains pas grand chose de plus que de m’imaginer passer quelques années ici. La froideur, l’esprit critique de chacun, du petit écran, ces Guignols mesquins, ces experts qui parlent, qui parlent, on ne sait plus où donner de la tête. On ne sait plus qui croire. Car on ne fait pas grand chose de plus, et c’est peut-être ça le paradoxe de notre monde : on cogite, on pense, on croit savoir, mais au final on croit, toujours. Ces indiens et leurs dieux à la tête de lion et au corps de gazelle, ça n’a pas de sens. Bien moins que nos croyances à nous. Car bien sûr, le concept, la pensée, la valeur, l’idéal, c’est bien plus réel que la savane.
Je dois d’abord vous dire que je suis bien désolé pour ce silence d’un peu plus d’une semaine. Eh oui, ce qui devait arriver arrive : au début, on a les yeux grands ouverts, pleins de trucs se passent, on poste 3 pages par jour, et puis peu à peu le quotidien arrive et la langue se fait aride. Et curieusement, ce n’est pas comme aux US l’an passé, où je ne trouvais juste pas le temps de dire tout ce qui me passait par les yeux. Certes, je suis un peu occupé, mais je ressens moins le besoin de tout dire, de tout commenter. Parler et parler.
C’est encore plus vrai avec cette dernière semaine qui s’est avérée vachement calme.
Lundi, c’était donc Dussehra, victoire symbolique du bien sur le mal dans la mythologie hindou. J’aurai bien voulu aller voir ces statues de 4 mètres de haut brulées à l’occasion de l’arrivée de la nuit, mais un sommeil d’une fébrilité rare suivie d’un jour cloué, littéralement, au lit, m’en ont empêché. C’est vrai partout mais on l’apprend bien en Inde : il ne faut pas forcer; quand il faut se reposer, il faut se reposer. Peu à peu je reprends de la pêche, mais les vertiges, mardi matin ne sont pas trop rassurants et me rappellent à l’ordre : deuxième jour au lit. Ça le fait.
Dernier jour de cours, pour la beauté du geste, mercredi. En fait, l’arrivée des vacances est un prétexte pour en faire moins, élèves comme professeurs. Nous sommes deux étudiants pour le premier et unique cours du jour. Tant mieux.
Et en fait, j’avais l’intention de régler tranquillement mes affaires pendant deux ou trois jours, avant de me payer une petite sortie hors Delhi avant mon retour en France.
Mais les vacances ont un rythme agréable : je prends goût à rester calmement à l’appartement, tourner à Delhi, lire un peu, répondre aux mails, régler quelques trucs officiels, ou se faire payer le diner chez Rahul. Gulshan trouve l’ambiance tranquille de l’appart’ idéale pour préparer ses exams; elle remplace Stéphanie, partie à Amritsar, ville des sikhs.
Depuis mon arrivée, j’ai croisé des étudiants étrangers à quelques reprises : petits diners, voyage à Rishikesh, soirée chez Omar. Pas trop, au final. La plupart d’entre-eux sont là dans le cadre de programmes d’échanges, certains au niveau bachelor, troisième année (licence), beaucoup d’autres en Master. En fait, il y a carrément une petite communauté, j’ai l’impression. C’est aussi sur Internet qu’on s’en rends compte : en quelques clics on passe de page facebook à blogs par dizaines… Mon petit diary n’a rien de bien original. Je ne connais pas vraiment beaucoup d’entre eux, et ne refuserais pas trop que ça soit le cas, mais d’un autre côté je remarque que certains ont tendance à rester entre étrangers et ne s’attaquent pas vraiment à la tâche, certes ardue, de casser la glace avec les indiens. C’est quelque chose que j’ai eu à faire sans en avoir le choix, vu que je suis venu seul et que mon college ne reçoit pas de programme d’échange. Seulement cet ami chinois en première année de Philo ou cette étudiante blanche, à ce qu’on dit russe et étudiant le Hindi. Un mal pour un bien, enfin, à peine, vu que tout a super bien roulé depuis le départ.
Enfin mon point n’est pas là. Il y a toujours la possibilité de trouver des étudiants étrangers avec qui barouder chaque weekend. C’est quelque chose que je n’ai pas trop fait encore : je suis pas mal occupé avec les études dans lesquels je m’implique par pur choix, et puis aussi par ma vie sociale ici qui commence à prendre de l’intensité et qui en devient autrement intéressante. Les étudiants de Master n’ont pas cours le vendredi ; les départs ont alors souvent lieu le jeudi soir, pour revenir le dimanche en fin d’après-midi. Autant dire des weekends bien chargés, dans des transports en communs rarement reposants, après des longues journées de trekkings ou autres… Mmmh, mais le peu que j’ai fait m’a beaucoup marqué, impressionné, plu. Voir les paysages, les villes, c’est juste overwhelming, ça vaut le coup. Alors voilà où j’en suis ces jours-ci : à me demander si je devrais me forcer à voyager un peu plus, à l’avenir. En même temps, j’ai devant moi 2 ou 3 ans dont plusieurs grandes vacances, quand la durée est de 8 mois pour la plupart des étudiants étrangers. Affaire à suivre.
Puisqu’on est dans les confessions, il y a autre chose sur lequel je me questionne depuis quelques jours. J’ai tenté d’apprendre gentiment l’Hindi avec mon chouette bouquin de la collection Assimil. Mais la première étape consiste dans l’apprentissage de l’alphabet hindi, composé d’une bonne quarantaine de signes différents, avec variantes, totalement nouveaux pour moi… Alors, j’ai beau couper des petits carrés de carnet de brouillon et de dessiner d’un côté le signe et de l’autre le son de la lettre, mais j’apprends pas vraiment vite. Enfin, pour le fun je peux vous écrire les voyelles hindi. Qui dit mieux ?
Le truc, c’est que je vois vite les limites de ne pas parler hindi. Dans un contexte d’expatriés, ou avec uniquement des étudiants, l’anglais passe très bien. Mais à plusieurs miles à la ronde de mon appart, seul mon proprio et quelques marchands ayant étudiés parlent (un peu) anglais. Tellement de relations, dans la vie de tous les jours, qui sont réduites au langage des signes. C’est pas que j’aimerais leur raconter ma vie, mais juste sortir quelques mots, jour après jour, aidant à créer des petites relations. C’est d’autant plus tentant que le paraverbal, jusqu’à présent, se passe très bien. Rares sont les sorties dehors où je ne croise pas les gens du quartier que je connais, ou pas, avec échanges de sincères sourires et geste de la main. Des petits moments simples et d’une beauté incomparable, qui seront encore plus riches dans quelques temps, j’espère, si je peux parler un peu.
J’ai appris récemment que dans le cadre de mon Master en Études Bouddhiques l’année prochaine, j’aurai à apprendre le Sanskrit et le Pâli (langue principale des premiers textes du Bouddhisme), deux langues mortes, le Sanskrit étant à l’hindice que le latin est au français… Autant dire que connaitre un peu de l’hindi sera appréciable avant d’arriver à cette étape.
Mais d’ici là, il y a un an, un petit effort d’apprentissage avec le livre, j’espère, et surtout cette licence Français Langue Etrangère que je compte passer par correspondance, et dans le cadre de laquelle je vais avoir à prendre des cours d’hindi. Idéal.
Bref, je ne sais pas trop à quel point lire cet article aura été palpitant, mais le quotidien est plutôt calme par ici et je me rappelle juste que love is everything, et voilà, je me sentais comme te dire ce que j’ai sur le heart, tu vois, c’est du feeling, quoi.
Ah merde, encore oublié de faire les photos de l’appart’. En même temps, on se presse pas, vraiiiiiment pas à le meubler. Et puis, vous avez qu’à venir, si vous voulez le voir.
En attendant, je suis bien content de retrouver ma culture, ma famille et mes amis (peut-être ?) dans quelques jours. Vraiment ! Vraiment vraiment.
Sur mon calendrier high-tech iCal, je compte le temps et découvre que je suis là depuis 8 semaines. Étrange sensation. Habitué à ce nouveau monde, je vois ma dépaysante arrivée très loin dans le temps, et en même temps tout s’est enchaîné sans vraiment que je m’en rende compte. Il y a quelques semaines, il pouvait arriver que pendant un cours d’Esthétique, je rêvasse du prochain weekend. Maintenant, à peine imaginé, la fin de semaine arrive en un quart de seconde.
Vendredi 25 septembre
Omar, le classmate à la barbichette, après m’avoir invité au resto tibetain, m’a convié à sa fête d’annif. En fait, chez lui on fait tout à la fois : son annif et celui de ses deux frères. Économes, les indiens ? Pas forcément : Samar et Omar sont jumeaux, et le frère Zafar est né le même jour, 365 jours plus tôt.
Aller à South Delhi est toujours une petite excursion demandant courage et connaissance du terrain. C’est cette dernière qualité qui me manque ; Omar le sait et il s’arrange pour me trouver un carrosse pour atteindre sa demeure. Quelques faux plans vendredi après-midi, et il me donne finalement le numéro d’un certain Madhav, ami de fac de son frère.
Rendez-vous à St Stephens, en face de Hindu College, 21h30. Coup de fil, je le rejoins à l’intérieur de la cour, deux autres indiens sont là, un originaire du Nord-Est (c’est-à-dire typé chinois), et un autre au teint et à l’accent presque afro-américain. La voiture est luxueuse, très même. Les voitures ici, enfin celles que je connais (mes camarades de fac, mon proprio), sont propres, en bonne état, entretenues. Cette fois-ci, c’est la classe supérieure : chauffeur, et autre personne à l’avant. Et pendant le trajet, je remarque une voiture qui nous suit avec trois baracos à l’intérieur et un girophare. Une question indiscrète plus tard et j’apprends que mon hôte est bonnement le petit-fils de Manmohan Singh, actuel Premier Ministre indien. Bon.
Arrivée une heure plus tard à bonne adresse. Sur le chemin, on croise droit dans les yeux l’unicité de l’Inde : un descendant du numéro 1 du pays et ses 5 agents de sécurité côtoient l’humilité absolue des mendiants des rues et vendeurs de poubelle pour voiture aux feux rouges. Le regard est unilatéral.
Petit quartier calme, entrée avec garde armé, résidence gigantesque sur trois étages. Servants au service, bière à flot, mets et alcools, DJ privé, salles remplies de canapés, chambres transformées en smoke rooms. Je réfléchis intuitivement et demande d’office aux quelques têtes que je connais, la profession des parents d’Omar. Conseiller au gouvernement. « Mais sa mère est plus puissante encore. » Ah bon ? Oui, elle contrôle le foyer.
Qui se ressemble s’assemble : croiser un non-indien tourne neuf fois sur dix à une petite discussion. Ici, ce sont une demi-douzaine de ricains, étudiants pour un semestre à Delhi, avec le programme d’échange plutôt prestigieux de St Stephens College. L’ami de New York m’explique les petites difficultés qu’il rencontre pour ce qui est d’installer de vraies relations avec les indiens, et encore plus, avec les indiennes. Ou encore, la surprenante décision de son université de payer, pour tout programme d’échange, le même prix que le tarif aux USA, revenant à la facture de 4000 dollars par semestre et par personne pour un logement qui en vaut peut-être 300. Les proprio doivent être contents.
La nuit suit son cours ; j’échange quelques pas rythmés mais endiablés avec le petit-fils, mais rien ne m’est plus clément que le sol de la salle de bain où je m’autorise une petite sieste.
Lever quelques heures plus tard. Hangover en regardant Vantage Point sur HBO, car le CSI indien fait rire les delhites présents. Les femmes de ménages rangent le bordel de la nouvelle génération.
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Samedi 26 septembre
Repos mérité. Rahul nous a invité à un des événements de Navratri, période de festivals de 10 jours pendant lesquels est célébrée Shakti, l »"énergie dynamique féminine« . Clou du spectacle le dernier jour avec Dussehra, ou la victoire du Dieu Rama sur son oncle Râvana, l’infâme qui lui avait piqué sa meuf Sita. Là, on est le 8ème jour et la fight se prépare.
Sortie en famille. Moi et Rahul, on y va avec l’ami avocat et sa petite famille. Dont la petite Kashish qui parle un peu français et espagnol.
Arrivée à une sorte de petit parc d’attraction. Et le lawyerse marre en m’expliquant que je suis probablement le seul étranger parmi les 20 000 personnes présentes. Et Rahul me précise qu’il y a 80 endroits comme celui-là à Delhi, à cette période de l’année.
Grosse zone de snacks. Les indiens mangent, mangent, mangent encore. On goûte un peu de tout, évidemment c’est pimenté mais ça ne pose problème qu’à moi. On discute un peu, les blagues fusent, les femmes participent. Le chauffeur accompagne les enfants qui s’essaient à une petite attraction.
Les heures passent, on se décide à aller au spectacle du jour. Du soir, plutôt. Mise en scène du récit mythologique. On assiste une petite demi-heure à ce show qui dure, j’imagine, plusieurs heures.
Rahul empoigne des mains. Il connait l’organisateur de l’événement, qui nous fait passer backstage. D’ici là, salle de réception où discutent les costards cravates donateurs de l’événement, businessmen qui ont offert quelques dizaines de lakhs (100 000) roupies pour le festival. Rahul m’explique plus tard que l’idée, derrière de tels parrainages, est aussi d’aider la religion à survivre, étant donné que la jeunesse s’en écarte franchement. Quelques minutes plus tard, sous la scène, je discute avec des acteurs au maquillage et l’anglais parfaits. En me disant que j’ai pas mal de privilèges.
Il faut 20 minutes pour rentrer, quand une petite heure avait été nécessaire pour l’aller : Delhi et son trafic fluctuant. Et Rahul me met au défi : lister les 5 lieux à absolument voir en Europe, pour planifier son petit périple qu’il va faire dans quelques semaines. Il a connaissance de mon blog et me demande de faire appel à toi, oui toi, fidèle lecteur pour me filer un petit coup de main. Rahul est intéressé par tout : paysages, architecture, histoire, marchés, etc. N’hésite pas à me donner ton avis, en commentaire, ou par mail. Et puis sinon, tu peux cliquer si dessous.